Head
haute école d'Art et de design Genève Geneva university of art and design
mercredi 26 octobre 2011
Mel Bochner, Christophe Cuzin, Robert Filliou, Dick Higgins, Jonathan Horowitz, IKHÉA©SERVICES, Stephen J. Kaltenbach, Hassan Khan, Alison Knowles, Jean-Marie Krauth, Jackson Mac Low, Eva Marisaldi, Simon Nicaise, Yoko Ono, Emilie Parendeau, André Raffray, Tomas Schmit, Yann Sérandour, Ernest T., Lawrence Weiner, Mel Bochner, Christophe Cuzin, Robert Filliou, Dick Higgins, Jonathan Horowitz, IKHÉA©SERVICES, Stephen J. Kaltenbach, Hassan Khan, Alison Knowles, Jean-Marie Krauth, Jackson Mac Low, Eva Marisaldi, Simon Nicaise, Yoko Ono, Emilie Parendeau, André Raffray, Tomas Schmit, Yann Sérandour, Ernest T., Lawrence Weiner, Mel Bochner, Christophe Cuzin, Robert Filliou, Dick Higgins, Jonathan Horowitz, les étudiant-e-s de l’option Bachelor Arts visuels « Construction » de la Head – Genève
Une opération proposée par Lionnel Gras et Aloïs Godinat
Vernissage et soirée d’activations
Mercredi 9 novembre, dès 18 h
Exposition du 10 novembre au 31 décembre 2011
Mercredi–samedi, 14–19h
LiveInYourHead, Institut curatorial de la Head – Genève
Rue du Beulet 4, 1203 Genève
Télécharger le programme LIYH Ailleurs et autrement (PDF - 1.6 Mo)
Conférence Ghislain Mollet-Viéville
L’œuvre, l’artiste et l’autre
Jean-Baptiste Farkas
Des modes d’emploi et des passages à l’acte
Lundi 31 octobre à 19 h
Head – Genève, Bd James-Fazy 15, Auditoire
Le statut de l’œuvre d’art devient de plus en plus tributaire d’attitudes d’artistes qui donnent la parole au public pour la réalisation ou l’interprétation de leurs créations. En mettant ainsi les esprits en action, ces artistes nous invitent à réfléchir autant sur les caractères qui sont intrinsèques à leurs œuvres, que sur l’observation des données qui nous amènent à nous percevoir nous-mêmes en tant qu’acteurs participant à la fusion de l’art et de la vie. Activations, légitimité du commanditaire, place de l’auteur et de la signature dans de tels dispositifs, donnent alors l’occasion de réflexions qui sont aussi intéressantes que les œuvres elles-mêmes.
Membre de l’Association Internationale des critiques d’Art, expert honoraire près la Cour d’Appel de Paris, Ghislain Mollet-Viéville s’est consacré, à partir de 1975, à l’art minimal et conceptuel jusque dans ses développements aujourd’hui.
En tant qu’agent d’art, il fait intervenir les différentes instances des réseaux artistiques pour assurer la promotion d’œuvres dont l’originalité demande des principes d’expositions inédites.
Jean-Baptiste Farkas est un artiste qui opère sous des identités telles qu’IKHÉA©SERVICES, Glitch (Beaucoup plus de moins) ou encore l’Amicale de
la Biennale de Paris. Des modes d’emploi
et des passages à l’acte (Éd. MIX,
Paris, 2010) est un ouvrage qui recueille
l’ensemble de ses services.
« Je considère que :
– l’objet d’art nous encombre, il est
devenu superflu.
– le présent nous demande de donner
toute son importance à l’action de
soustraire.
– la conception que l’on se fait de
l’auteur est une illusion, un raccourci
commode qu’il est à présent indis-
pensable de revisiter.
– l’exposition est un idéal dépassé qui
doit faire place à d’autres modalités
d’action telles que la manoeuvre ou
l’opération.
Quand on me demande d’expliciter
mon approche, je déclare que j’opère, à la place de présenter des produits artistiques. Opérer caractérise une pratique de l’art qui relègue l’art au second plan pour tenter de conquérir
le terrain de la réalité quotidienne. »
Soirée d’activations
Par les étudiant-e-s de l’option « Construction »
Mercredi 9 novembre, dès 18h
LiveInYourHead
Soirée
En morceaux
Aloïs Godinat, Vincent De Roguin, Vague Dj’s
Jeudi 24 novembre, dès 18 h
LiveInYourHead
Soirée conférence
En miroir
Yann Sérandour
Mardi 29 novembre à 18h30
LiveInYourHead
Détournement, réappropriation, réactivation : Yann Sérandour présentera son travail d’artiste et en particulier, sa vision de l’histoire de l’art en tant qu’archive disponible.
Activation
A LOUER
Emilie Parendeau
Jeudi 1er décembre
LiveInYourHead
Emilie Parendeau sera présente dans l’exposition de 14h à 20h pour réaliser une série d’activations.
Soirée conférence
En traduction
Sébastien Pluot
Jeudi 15 décembre à 18h30
LiveInYourHead
Historien de l’art et commissaire indépendant, Sébastien Pluot abordera certains enjeux théoriques des processus de traduction dans les arts.
L’exposition Ailleurs et autrement réunit un ensemble d’oeuvres à « activer » et/ou à interpréter ; des œuvres qui privilégient les attitudes aux formes, l’actualisation à la permanence, le partage à la possession, l’appropriation à l’autorité, l’allographie à l’autographie. Sous le signe de l’ubiquité, de la diffraction, ce projet se fonde sur les notions de traduction, d’œuvre comme partition, comme mode d’emploi « existant à l’état de langage chez son auteur » (E. Parendeau). Une série de protocoles, de statements et d’instructions choisis donnent alors naissance à un ensemble de formes diverses, traversant les pratiques de la peinture, de la vidéo ou de l’installation, de l’objet, de la sculpture ou de l’action. L’exposition propose alors d’expérimenter, au risque du vertige, les diverses réalités – possibles – d’une même pièce, actualisations infinies variant selon les types d’activation et de manipulation opérés. Les notions même d’auteur et d’originalité, de réception et d’interprétation, y sont abordées sans détour en proposant, ailleurs et autrement, ce qui a été amorcé par d’autres.
L’histoire nous apprend que ces ambitions, dès les années 1960, sont au cœur des préoccupations, notamment et entre autres, des artistes Fluxus et Conceptuels. En témoigne une exposition comme Art by telephone (1969, MCA, Chicago). Ces pratiques, qui engagent de nouvelles définitions et modalités d’apparition de l’œuvre d’art, se trouvent continûment questionnées depuis, et jusqu’à nos jours, dans des projets tels Interchangeable généralisé de Claude Rutault (1983, curateur : Ghislain Mollet-Viéville, ARC, Paris), Do-it (1993, curateur : Hans Ulrich Obrist), Instructions (1992, curateur : Liam Gillick, Galleria Gió Marconi, Milan), John Armleder/Angela Bulloch/Pierre Joseph/Jonathan Monk (1998, Le Spot, Le Havre) ou plus récemment TOOL BOX (2008, curateurs : Marie-Laure Viale et Jacques Rivet / Entre Deux, Ghislain Mollet-Viéville, et Christian Ruby, galerie Michel Journiac, Paris).
Ailleurs et autrement propose, aujourd’hui, de mettre en perspective, de s’emparer et de revisiter une sélection d’œuvres issues de cette « famille » : leurs contours, précis, directifs, univoques, sont au contraire parfois plus instables, suggérés, en attente d’opérations nouvelles. Elles induisent toutes « qu’il n’y a plus un auteur pour une œuvre unique mais une multiplicité d’auteurs pour plusieurs réalisations potentielles de chaque œuvre » (J.-B. Farkas et G. Mollet-Viéville). Les étudiant-e-s sont dès lors convié-e-s à imaginer et mettre en forme, démultiplier et épuiser les interprétations possibles des œuvres dans le cadre et le lieu donnés du projet. L’exposition offre donc une vision stéréoscopique, en miroir, des mêmes pièces interprétées. Plusieurs intervenants, investis dans le projet depuis ses prémices, informent le processus de réflexion, de production et d’installation : Jean-Baptiste Farkas, Yann Sérandour et Ghislain Mollet-Viéville. L’exposition permet dès lors d’appréhender les trois stades d’une œuvre « activable » : du protocole, de l’activation/réalisation à la documentation, elle donne la possibilité d’éprouver et de penser des « œuvres outils » depuis leur formulation jusqu’à leur présentation.
Un ensemble de pièces structure le projet. Les MONOCHROMES, MALPEINT, PAS ASSEZ de Christophe Cuzin présentent un système rigoureux de contraintes (schémas, techniques, matériaux) qui encourage néanmoins à une certaine « désinvolture », à la subjectivité, notamment dans le choix des couleurs. Yann Sérandour, avec World Mirrors (2011) offre la possibilité de reproduire une œuvre existante tout en ayant la liberté de repenser son accrochage. Le rôle de l’interprète, ici, couvre un spectre inédit : de la position de « simple » exécutant, à celle d’inventeur, créateur invité à concevoir des œuvres à partir de propositions extrêmement ouvertes (IKHÉA©SERVICE N° 13) à celle de metteur en scène, travaillant au dialogue et à la contamination des œuvres entre elles dans l’espace. Quelques pièces historiques « jumelles », en « diptyques », « dédoublées » articulent l’exposition : André Raffray, Les trois ordres de Jacques Villon : D’après Villon, 1939 – D’après Nature, 1987 ; Ernest T., Mondrian, 1989 ; Mel Bochner, Transduction, 1968). Elles sont elles-mêmes choisies par les organisateurs en suivant, eux-mêmes, les instructions d’un statement de Jonathan Horowitz : Choose two things that are similar and or different (2002).
Peintures murales ou sculptures (Alison Knowles, Homage to Each Red Thing, 1996), œuvres légères, substituées, sinueuses, disséminées, suggérées en creux, voire absentes (Stephen J. Kaltenbach, Instruction, Start a rumor, 1969 ; Jean-Marie Krauth, Au lieu de, 1994) : hétérogène, Ailleurs et autrement varie les angles de vue. L’exposition, fondée sur un principe d’interprétation multiple, discontinu, donne à voir autant d’actualisations d’un processus collectif, arbitraire. Cette logique instable, aléatoire, ouverte à l’inconnu, ne laisse présager des formes que prend la réalisation finale des pièces. Chaque étudiant-e réalise par ailleurs une œuvre, conçue sous la forme d’un mode d’emploi, qui est ajouté au corpus. Celle-ci apparaît (à l’image du Jeu des sept erreurs) comme une ultime « erreur » glissée dans une exposition qui revendique les écarts de conduite, les contretemps et les dissonances inhérents à une entreprise en attente de multiples possibilités d’application.
L’ouverture du projet est conçue comme une soirée d’activations orchestrée par les étudiant-e-s eux-mêmes. Pensée sous le signe de l’IKHÉA©SERVICE N° 50, elle entend « Établir le désordre ». Ailleurs et autrement est alors mise en tension par une série d’œuvres composant un véritable programme se déroulant dans le temps et l’espace de l’exposition.