
D’un point de vue formel tout d’abord, j’ai apprécié le dispositif de Lift 2012, les thématiques et les sujets abordés formaient un ensemble riche et cohérent, offrant la possibilité de participer à différents workshops et de rencontrer des spécialistes dans des domaines d’étude très particuliers.
Le cycle de conférence a quant à lui permis à de nombreux intervenants d’exposer leurs travaux et recherches. Cependant, ce type de présentations Powerpoint, parfois très brèves ne laissent malheureusement que peu de place au débat et au dialogue, tout est chronométré et doit aller très vite. Cela n’autorise donc peut-être pas à approfondir un sujet, mais encourage le public à se renseigner d’avantages sur les thématiques abordées, et à prendre contact avec les conférenciers.
Projet OSSI
En ce qui me concerne, j’ai particulièrement apprécié la dernière journée dédiée aux pratiques du hacking, avec notamment l’intervention de Hojun Song, qui a démontré que la technologie et le monde de l’open source permettent aujourd’hui à un individu passionné de lancer un satellite !
Village Telco
J’ai également trouvé très enthousiasmant le projet de Steve Song, président de Village Telco, une entreprise Sud-Africaine qui développe un kit de télécommunication open source.
Comme la téléphonie est souvent coûteuse en Afrique, ce kit nommé « Mesh Potato » a été créé afin de répondre aux besoins des populations en matière de télécommunication, il constitue une alternative bon marché, adaptée à l’infrastructure parfois précaire du réseau électrique africain.
Steve Song entend donc ainsi promouvoir le développement et l’innovation sur les réseaux en démocratisant l’accès à internet et à la téléphonie à bas prix.
Digital Forming / Impression 3D
Lisa Harouni, fondatrice de Digital Forming, une société britannique spécialisée dans l’impression 3D, est venue exposer les enjeux relatifs à cette technologie dans un futur plus ou moins proche.
La démocratisation de l’impression 3D autorise des spécialistes, et de plus en plus à des particuliers à prototyper des objets très rapidement, et même à réaliser des pièces uniques à un prix raisonnable. Cela s’inscrit en rupture avec la logique de grande consommation qui constituait jusqu’à présent le seul modèle viable. Lisa Harouni estime qu’un processus d’individualisation est en cours, et que la production de produits va se relocaliser. Le sur-mesure risque ainsi de devenir beaucoup plus accessible.
D’un manière générale, ce sont donc les projets permettant le développement d’outils et de technologies accessibles au grand public qui m’ont le plus intéressés !
C’est d’ailleurs peut-être le point commun qui relie la plupart des différents ateliers et présentations qui ont eu lieu à Lift, car la plupart des sujets abordés étaient en lien direct avec le quotidien des gens, en effet, de plus en plus d’objets technologiques envahissent les ménages.
Grâce aux réseaux, le savoir et ces outils deviennent accessibles au public qui peut se les approprier, mais cela soulève également de nombreux questionnements sur le plan de l’éthique.
Quand à la question posée par Lift cette année, de savoir si la technologie rend nos vies meilleures, je me réfère aux paroles de JP Rangaswami, qui souligne le fait que technologie en soit n’est ni bonne ni mauvaise, elle n’est qu’un outil, c’est seulement l’usage que l’on en fait qui peut être bon ou mauvais.