alice.haldenwang | 7/6/2012 | Lift12

Lift 2012 version Haldenwang

(Toutes les images suivantes sont extraites d’interviews faîtes pendant lift 2012, Anita a monté ces films.)

 

 

 

Genève CICG, février 2012, trois jours, une porte tournante, un stock de Redbull proposé pour bien commencer les conférences, un espace de checking, un badge bleu ou vert de laisser-passer épinglée au tee-shirt… et c’est parti dans cet immense espace prestigieux, immaculé de moquette rouge. Il y a des stands de projets un peu partout, parsemés du rez-de-chaussée à l’étage. Quant au coeur liftien qui bat au rythme des conférences, il se trouve dans cette grande salle, plongée dans l’obscurité, avec des jeux de lumières qui mettent en scène, comme dans un véritable show, les acteurs de cet événement, nous les appelons les speakers.

On ressent ce lieu comme un faisceau d’expansion et d’échanges sur l’actualité de la technologie, comme un noyau d’où partent des flux vers les quatre coins du monde via Tweeters, le site de Lift, Facebook… un très haut lieu d’énergie où il n’y a pourtant pas grand chose d’exposé et encore moins des révolutions du design (sauf Marion, Khalil, Camille et Cassandre^^). Ces stands et les workshops sont plutôt des prétextes pour réunir tout ce public, afin d’échanger en direct ses impressions sur des notions du design, de l’utilisateur, des nouvelles technologies…Grâce à Lift nous avons pu mettre des visages sur des projets et nous avions à portée de main et de conversations les speakers, des sociologues et des designers de tout genres, un vrai melting pot de la technologie à la croisée des disciplines et des expériences personnelles !

 

 

Ce show est réglé comme du papier à musique, toutes les interventions sont chronométrées, aucun mot n’est laissé au hasard et chaque séquence de speaker est unique. Il y a autant d’approches et de manières pour s’adresser au public que d’orateurs : parfois légère, parfois approfondie et à d’autres occasions fictive à travers une histoire ou une anecdote. Ce défilé de chercheurs du design et de la technologie observe les comportements, analyse les données, donne leur attention aux attentes des utilisateurs (Que veulent-ils ? Que ne veulent-ils pas ?), font des hypothèses, font naître des idées, se donne des challenges, utilise cette recherche dans la technique du design pour y répondre, échoue, stagne, réussit…Ce timing de conférences-éclair sont des petits électrochocs à chaque fois, qui mettent le doigt sur une faiblesse, sur une force, mais surtout qui ouvre et laisse le public à la merci de ses propres questionnements et va le pousser à cogiter et à faire le point sur lui-même, au milieu de cette technologie. Ces trois journées sont bien plus qu’un état des lieux, puisque chacun va repartir avec une vision un peu plus étayée sur la place qu’il doit occuper dans le design. Quel est son but dans la pensée puis la création de l’innovation.
Par conséquent la question qui ouvre Lift 2012, proposée par JP Rangaswam «La technologie nous a-t-elle réellement permis d’améliorer notre quotidien ?» pourrait être plutôt celle-ci «De quelle manière puis-je intervenir sur la technologie pour améliorer mon quotidien ?», ainsi nous ne parlons pas au passé mais intervenons directement et durablement.

 


 

J’en reviens à la question initiale : «La technologie nous a-t-elle réellement permis d’améliorer notre quotidien ?» Oui ? Non ? c’est une question multi-questions tellement large, qu’il est impossible d’y répondre aussi facilement, elle ouvre donc bien le débat dans tous les domaines. Les technologies et les nouveaux médias se développent et se nichent dans tous les domaines que ce soit l’actualité dans Tweeter, la réalité virtuelle dans la science, par conséquent elle touche vraiment tout le monde et pas seulement les spécialistes.

 


 

Voici donc un petit résumé succinct des points que j’ai retenu pendant cette journée du 22 février :
—La technologie, un dialogue entre le designer et l’utilisateur
Chacun doit se faire sa place, puisque c’est autant le designer que l’utilisateur qui crée le produit et l’outil. Ils travaillent main dans la main grâce entre-autre à l’open source. Donc puisque nous avons une emprise et une influence sur la technologie c’est à nous de l’améliorer, de l’utiliser comme bon nous semble et de l’adapter à nos besoins au quotidien.
La technologie, glissement d’usages d’hier
Nous traduisons simplement des usages d’hier de manière technologique, comme l’agenda, la localisation, les livres, les salons de discussion… C’est un simple glissement de terrain. Finalement les problèmes que nous soulevons aujourd’hui sont les mêmes qu’hier. Du temps où seuls les livres régnaient sur le savoir, il nous fallait bien récolter, trier et hiérarchiser l’information. Dans cette nouvelle bibliothèque surmontée de l’enseigne «Internet», le problème reste le même, bien que l’on entende souvent que nous croulons sous l’information. Ce problème sur l’infobésité, intitulée «De Gutenberg à Zuckerberg» est l’introduction présentée par Anaïs Saint-Jude. Il faut juste modifier notre perception voir la lecture face à cette surcharge informationnelle. La matière est la même, ce qu’apportera la technologie c’est la rapidité.
Perte d’échanges
Avec les technologies telles que le téléphone, la télé… le partage et les relations sont amoindries au sein de la famille. Elles créent la solitude et l’individualité et brouillent les frontières entre travail et famille (avec la présence de l’ordinateur dans un lieu familial par exemple) Le travail du designer est de repenser une architecture de mode de vie, d’objet ou de lieu de vie pour retrouver ce rapprochement et ces échanges qui sont l’essence de la famille. Il y a ici un degré plus social avec un impact de la virtualisation qui agit directement au cœur des relations sociales et qui peut être un élément perturbateur. Donc quand la technologie perturbe, il faut rectifier soit la technologie elle-même, soit réadapter l’environnement dans lequel elle interfère.
Identité virtuelle, une seconde peau
Nous avons une double identité à gérer, réelle et virtuelle. Gordan Savicic nous parle de suicide digital qui serait une volonté de disparaître des réseaux sociaux mais ils nous collent à la peau et il n’est pas si simple de claquer la porte et de partir comme on veut. Les réseaux sont humanisés et comparent cette rupture avec une véritable mort en prévenant que nous allons manquer à nos amis. Il faut donc se demander quels sont les dangers de cette virtualisation et jusqu’où les réseaux peuvent-ils aller.
La technologie rend-elle heureux ?
J’ouvre la question générale («La technologie nous a-t-elle réellement permis d’améliorer notre quotidien ?») en traduisant cette question d’une autre manière : La technologie nous rend-t-elle plus heureux ? et pourquoi repoussons-nous toujours les frontières ? C’est une motivation qui animent les hommes : toujours aller de l’avant et voir au delà de l’inconnu. Aujourd’hui cela n’a pas changé, le numérique est une étape de plus dans cette quête et je pense que les innovations ne cesseront pas de fleurir. Je ne crois pas que l’homme soit plus heureux car la technologie est dans un sens un confort et un outil qui crée un besoin, mais ce confort peut y contribuer. La technologie n’est ni bonne ni mauvaise, tout dépend de la manière dont on s’en sert.
La technologie une responsabilité morale
Le designer et chacun ont une responsabilité en tant que citoyen du numérique et des nouvelles technologies. Nous avons des droits et des devoirs moraux quant à l’utilisation que nous faisons de ces évolutions : éviter l’abus, ne pas s’en servir comme d’une arme… Chacun est donc gardien de ce territoire virtuel-réel. D’ailleurs pour que l’égalité demeure des questions se posent sur les parties du monde coupées de l’internet (comme l’Afrique), ce qui creuse encore plus l’écart avec les pays connectés. Il faudrait donc redévelopper l’innovation dans ces poches déconnectées.

 

 

Je ne suis venue que pour quelques conférences et je n’ai pu assister à tout ce qui touchait la gamification, et à la notion de DIY (Do It Yourself ) avec Hojun Song et son satellite en open source…

 

 

C’est à moi maintenant d’appliquer mes propres conclusions et d’injecter dans ma pratique une certaine éthique. Il faut se poser les bonnes questions pour cibler un public et répondre à ses attentes, sinon le travail devient gratuit et on dénature et affaiblit le terme de Design. Qu’est-ce que doit créer la technologie ? Pour qui dois-je créer ? Quel est la relation homme-machine ? Chaque designer a un rôle à tenir dans la société. Je repars de Lift 2012 avec des échanges, des expériences et l’envie de créer et d’exercer mon (futur) métier.

 

 

 

 

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