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Né en 1966, le compositeur japonais Ryoji Ikeda est une figure clef de la musique électronique minimaliste. Récompensé en 2001 pour ses compositions par le prix Golden Nica au festival Ars Electronica à Linz (Autriche) dans la catégorie musique digitale. Ryoji Ikeda questionne les limites de la perception et donne à entendre la bande-son rêvée du monde d’aujourd’hui. C’est un compositeur qui se consacre aux propriétés physiques du son, particulièrement à l’ultrasonique et aux fréquences en ayant recourt aux technologies les plus poussées. Son travail exploite ces propriétés du son, leur influence sur la perception humaine.
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datamatics
Compositeur et vidéaste à l’ère du virtuel, il a entamé en 2004 un vaste projet intitulé « datamatics » qui prend la forme d’installations audiovisuelles et d’enregistrements. Il poursuit une recherche musicale et graphique sur l’esthétique des « data », ces données informatiques qui sont utilisées pour encoder le réel, en donner une représentation abstraite. Ryoji Ikeda explore et de rend perceptible « la substance multiple et invisible de ces données qui imprègnent notre monde », en utilisant toutes les possibilités offertes par la technologie numérique.
Les data.series consistent en six installations – data.spectra, data.tron, data.tecture, data.scan, data.film et data.gram. Il façonne la musique, le temps et l’espace de manière à explorer les phénomènes de perception humaine. Ces installations mêlent images animées, sculptures, sons et nouveaux médias; elles se servent des données tout à la fois comme thème et matériau. Il nous entraîne dans un monde où les codes mathématiques rencontrent les perceptions humaines. Ces installations, ( souvent monumentales ) entraînent une immersion totale du spectateur dans un paysage numérique. Une bande son puissante et hypnotique composée de fines strates sonores accompagne ces images au graphisme minimaliste et donne à l’auditeur accès à des espaces immenses et illimités. Cette sensation d’infinie, voulue par l’artiste, nous impose le »silence mental » ce qui entraîne notre conscience vers une autre forme de perception.
data.tron
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1 et 2 : data.tron ; 2avril 9juin 2009-Museum of Comtemporary Art Tokyo
Cette version de data.tron fut présentée durant l’exposition « Dans la nuit des images » se déroulant au Grand Palais à Paris du 18 au 31 décembre 2008. Exposition durant laquelle j’ai pu faire l’expérience de data.tron.
http://www.dailymotion.com/video/x7tur9_dans-la-nuit-des-images-ryoji-ikeda_creation
data.tron_8K enhanced version
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3 et 4 : data.tron_8K enhanced version; (jan 2009 -dec 31 2010)-Deep Spacevenue-Ars Electronica Center-Linz
http://www.youtube.com/watch?v=Gd-rzKECsJI&feature=related
data.spectra
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5 et 6 : data.spectra_(aug18-oct23, 2005)ACMI, Melbourne
C’est à travers ses murs de chiffres comme dans « Data.tron » que l’artiste nippon cherche ce qu’il nomme « le beau et le sublime »
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« le beau et le sublime »
« En tant qu’artiste et compositeur, mon travail s’est toujours polarisé sur les concepts du beau et du sublime. Pour moi, la beauté est cristal ; rationalité, précision, simplicité, élégance, subtilité. Le sublime est infini ; immense, indescriptible, indicible. Les mathématiques relèvent de la plus pure beauté. Nombres, valeurs et formes dans leur parfait assemblage nous résistent. Aborder l’esthétique du sublime dans les mathématiques constitue une expérience impressionnante, comparable à celle éprouvée quand nous considérons l’immensité et l’ampleur de l’univers ; nous laissant bouche bée.» Ryoji Ikeda
C’est par cette recherche de l’infini que Ryoji Ikeda a été amené à travailler avec un chercheur de Harvard, le mathématicien Benedict Gross. Avec lui il poursuit son exploration des connexions entre l’art et la science. Ils tentent de définir un langage esthétique commun à l’art et à la science des mathématiques. Il montent ensemble une exposition V≠L au Laboratoire (Paris_du 11 octobre 2008 au 12 janvier 2009). Cette exposition s’appuie sur des théories mathématiques qui tentent définir l’univers et donc l’infini. Se référant à la théorie de l’univers de Neumann (V≠L), celle de Gödel (V≠L). L’artiste à voulu faire sentir cette notion d’infini en tentant de montrer l’immensité de nombre qui se cache entre 0-1.

affiche et parution de l’expoV≠L au Laboratoire

natural_primenumber _expo V≠L (11 octobre 2008 au 12 janvier 2009)_Laboratoire ;Paris

transcendental_expo V≠L (11 octobre 2008 au 12 janvier 2009)_Laboratoire ;Paris
« Qu’elle est l’immensité qui se cache derrière le nombre ? Et si la multitude des chiffres qui compose un nombre était rendu palpable… L’infini serait-il pour autant accessible et l’immatériel rendu à sa matérialité ? »
Nous pouvons appeler ces suites de nombres « le virtuel des mathématiques », elles sont présentes derrière chaque nombre mais ne sont pas actuelles (concrètes), elles sont donc virtuelles. Ce « virtuel des mathématiques » est un monde infini; même si l’on s’attarde à matérialiser, donc actualiser et rendre réel ces données virtuelles; cela ne fait qu’amplifier le caractère infini des suites de nombres qui se cache entre 0-1.
http://lelaboratoire.org/images/archives/archives-5/Dossier-de-presse-Ryoji-Ikeda-Benedcit-Gross-Le-Laboratoire.pdf
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Ryoji Ikeda rend perceptible des éléments jusqu’alors invisibles, Il donne à voir des élément virtuels dans l’espace réel. En matérialisant ces données nous pourrions croire qu’il fige le temps à un moment t, mais bien au contraire, il créé des espaces infinis. Ces espaces temps infinis vont dans le sens de sa conception du monde virtuel : un monde virtuel infini. Pour Ryoji Ikeda, si nous nous attardons à matérialiser le virtuel (à l’actualiser) cela ne fait qu’augmenter son caractère infini.
http://www.ryojiikeda.com/