Colloquium: The Loss: Two Houses in the Levant. Haifa. Cairo

THINKING UNDER TURBULENCE

GENEVA COLLOQUIUM

Lund 21 septembre 2015 – 19h

The Loss: Two Houses in the Levant. Haifa. Cairo. (La Perte : Deux Maison dans le Levant. Haïfa. Le Caire.)

Présentation du projet (en anglais et français) par Gilad Ben-Nun, Isabelle Benoit, Pierre Hazan and Ilana Salama Ortar.

Commentaire de Doreen Mende.

HEAD, Boulevard Helvétique 9, 1205 Genève, salle de séminaire CCC, 2ème étage, salle 27

Le colloque sera centré sur le projet The Loss: Two Houses in the Levant. Haifa. Cairo. (La Perte : Deux Maison dans le Levant. Haïfa. Le Caire.), une investigation transdisciplinaire de la violente destruction de deux maisons individuelles : la Villa Khoury, dans le quartier Wadi Nisnas d’Haïfa (aujourd’hui située en Israël), et la Villa Ades, dans le quartier de Zamalek du Caire. Les deux villas avaient été construites au début du 20ème siècle par des familles de religions minoritaires (chrétiens palestiniens à Haïfa, juifs séfarades au Caire) dans un style éclectique mêlant des éléments architecturaux arabes et européens. Leur construction datait de la période dite du “Cosmopolitisme du Levant”, durant les premières années de domination britannique qui succédait à l’Empire ottoman, un contexte multiculturel et pluriethnique. Les deux maisons furent détruites entre 1948 et 1960, lorsque les sociétés du Moyen-Orient s’affirmèrent en nations concurrentes, notamment au travers du mouvement sioniste moderne de Ben Gurion en Palestine et de l’idée de République arabe unie de Nasser. Les deux familles s’exilèrent alors vers l’Europe, le Liban et les Etats-Unis.

––– La table-ronde intervient au moment-même où l’Europe fait face à son plus lourd échec dans la gestion de réfugiés de guerre depuis 1945. Que peut-on apprendre de l’histoire des réfugiés ? Comment comprendre le caractère universel de la recherche d’un refuge ? Quels sont les espaces qui nous permettent d’appréhender l’historique de la perte et de percevoir sa résonnance dans la société contemporaine – qui a besoin de ces espaces, et où ? La violence est-elle un élément constitutif du sujet cosmopolite ? Que peuvent produire les processus transdisciplinaires dans ce débat ? Les artistes peuvent-ils rendre les problèmes de l’exil, de la migration et de l’urgence visibles dans l’espace public ? Comment l’art associe-t-il la responsabilité civique à ses aspirations poétiques ou esthétiques ? Que peut offrir un programme d’études ou une école d’art ? Comment rendre public le savoir exilé et comment le transformer en un lieu duquel on peut penser ?

Gilad Ben-Nun (né à Jérusalem, vit à Frankfurt am Main) enseigne les Etudes Globales et l’histoire des réfugiés et de la migration à l’Université de Leipzig (Allemagne) et à l’Institute for Peace and Security Studies de l’Université d’Addis-Abeba (Ethiopie). Isabelle Benoit est directrice de la recherche et du développement international du Tempora/Musée de l’Europe à Bruxelles ; elle a aussi enseigné dans plusieurs universités, mené des projets de recherche et collaboré avec le Musée national suisse, le Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à Genève, le Musée National de la Seconde Guerre Mondiale à Gdansk (Pologne).

Pierre Hazan (né à Alexandrie, Egypte, vit à Genève) enseigne à la Haute école d’art et de design de Genève (HEAD) et à l’Université de Neuchâtel. Il est conseiller spécial pour les questions de justice transitionnelle auprès du Centre Henry Dunant pour le Dialogue Humanitaire (Genève).

Ilana Salama Ortar (née à Alexandrie, Egypte) est une artiste israélienne qui crée des installations performatives centrées sur le déracinement, la migration, la question des réfugiés et la mémoire des zones de conflit (guerre, occupation ou ghettoïsation de segments de la population dans les banlieues) et leurs conséquences sur les individus, les groupes, les villes et les paysages. Depuis juillet 2015, elle est chercheuse associée au LAMES (Laboratoire méditerranéen de sociologie associé à l’université d’Aix-Marseille, AMU), MMSH (Maison méditerranéenne des sciences de l’homme). Elle vit à Frankfurt am Main, Tel-Aviv et Marseille.

Doreen Mende travaille en pratique et en théorie sur les politiques géospatiales dans les processus d’exposition contemporains ; depuis septembre 2015, elle est responsable du programme d’études transdisciplinaires CCC à la HEAD, Genève. Elle vit à Berlin et Genève.

Cette soirée est le premier événement public d’un colloque d’un an intitulé “Thinking under Turbulence”, qui encadre l’enseignement du programme d’études CCC 2015/16. Les participants au Colloquium sont invités à entrer en conversation avec les étudiants CCC et les membres du corps enseignant. Ce colloque d’un an intervient à un moment particulier dans l’histoire du CCC, une période de transition dans ce programme spécifiquement dédié à la recherche critique, aux techno-politiques et aux problématiques curatoriales d’un monde globalisé. Le Colloquium offre au programme un temps de réflexion sur ses futurs développements, dans une période dirigée par les impératifs accélérationnistes du capitalisme financier global. L’idée du Colloquium provient littéralement de l’action de “parler ensemble”: de com- “ensemble”+ -loquium “speaking”. Parler ensemble dans/hors de l’académie. Le concept du Colloquium ne propose donc pas l’action de penser comme méthode philosophique, mais surgit plutôt d’un moment de turbulence où la connaissance est en crise et qui nous oblige à penser, à penser différemment.