Marianne Alphant – VOIX OFF

C’est un inventaire qui donne le top — une liste, un relevé : bouts de phrases, bribes, détails. Fouiller dans le vestiaire. S’habiller vite, vite, et se mettre en route sans savoir encore vers où.

Marianne Alphant née en 1945 est écrivain et critique littéraire. Normalienne (Sèvres 1964) et agrégée de philosophie, elle a travaillé pour le journal Libération de 1983 à 1992. Elle a dirigé les « Revues parlées » du Centre Pompidou de 1993 à 2010. Auteur de nombreux essais sur l’art, dont une biographie importante de Claude Monet (Une vie dans le paysage, Hazan, 1993), elle est aussi l’auteur de plusieurs textes de fictions, et notamment Ces choses-là (P.O.L 2013).

 

Introduction de la lecture du 17 décembre 2013 par Carla Demierre :

Marianne Alphant est écrivain et critique littéraire. Elle a travaillé pendant une dizaine d’années pour le journal Libération, puis elle a dirigé entre 1993 et 2010 les Revues parlées du Centre Pompidou, grande programmation orale – existant depuis 1977 – et touchant à toutes les disciplines : des arts plastiques à la philosophie en passant par la littérature, l’architecture, l’histoire de l’art ou la danse ; et sous des formes parlées diverses comme le débat, le séminaire ou la lecture. Elle a également été commissaire des expositions Roland Barthes (en 2002) et Samuel Beckett (en 2007), montées toutes deux au Centre Pompidou et en collaboration avec Nathalie Léger.

Elle réalise actuellement – en collaboration avec Pascale Bouhénic – une série de portraits filmés d’historiens de l’art. Le premier de cette série est consacré à George Didi Huberman sous le titre 12 images pour le meilleur et pour le pire, il a d’ailleurs été projeté au mamco en novembre de cette année à l’occasion d’une journée d’étude autour de cet auteur.

Des articles, des conversations, des expositions, des films ; des livres d’entretiens, des biographies, des essais, des romans.

On lui doit notamment une importante biographie de Claude Monet – Une vie dans le paysage (1993 pour la première édition), un essai sur Pascal, Pascal – Tombeau pour un ordre (1998) ou encore un livre d’entretiens avec l’écrivain Pierre Guyotat Explications paru en 2001.

Outre des romans, elle a publié quelques essais aux contours indéfinissables, forme mouvante, autobiographie détournée, suite de chaos de pensée ; une collecte, une tressage mnésique.

Prenons Ces choses-là – dernier livre paru en 2013 POL – une forme d’archéologie verbale visant ce qui du 18ème siècle persiste et prend forme dans la mémoire de l’auteur. « Archives, parcs, tombes, ce monde est perdu » mais la mémoire a pour elle, le sens du détail et la capacité d’une liste à produire des étendues, élargir des paysages et revenir en deux bonds sur nos pas. Recoupement et découpage ; retournement et détours, il y a une chimie du montage dans l’écriture de Marianne Alphant capable de rendre sensible non seulement les bruits, les odeurs, mais aussi la vitesse à laquelle tourne ce monde perdu. L’origine de cette chimie se trouve dans une lecture exercée et patiente ; sensible et chercheuse. Une addiction aussi. Celle que Petite Nuit – son précédent livre – interroge. Ce que c’est que de lire un livre, d’aimer un livre, de raconter un livre. L’auteur se regarde dans les yeux de la lectrice. Ce serait ça écrire. Ce serait aussi, placer des morceaux de mémoire de taille décroissante les uns à l’intérieur des autres, et laisser un autre temps se prolonger en nous.

 

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