Principe de Navigation: le Planétaire, par Doreen Mende

L’art ancien de la navigation est une condition contemporaine. Peut-être même notre pop-culture contemporaine. Quelles sont, fondamentalement, les conditions et conséquences actuelles de la navigation? Le colloque abordera cette question sous l’angle de la notion du planétaire, dans le but d’énoncer le principe de la navigation. Le terme “planétaire” fournit une sorte d’outil de travail et de méthodologie curatoriale pour nous initier à l’art de la navigation en tant que condition que notre réflexion ne peut éluder. Nous naviguons en utilisant le GPS d’une voiture pour nous déplacer. Ou en activant l’image ininterrompue d’un jeu-vidéo. Ou encore, en surfant sur les plateformes numériques, alimentées par les énergies telluriques. La navigation se manifeste sur les “bateaux abandonnés à la mort” en Mer Méditerranée. Tout comme sur le Lac Léman, selon les privilèges de classe. Ces navigations opèrent à travers des expériences de vie, de façon non-linéaire, comme réseaux de pratiques transfrontières, comme formes d’incarnation ou d’inscription du féminin, sur des terrains instables et liquides destinés à perturber l’orientation dans l’espace, ou par l’enchevêtrement du savoir et du non-savoir. La discussion entrera en résonance avec le séminaire du CCC, le Curatorial, qui pose la question “qu’est-ce que la navigation?”. Ce séminaire nous permet de développer un vocabulaire à travers l’activation de textes, la pensée-mouvements, l’écoute, le traitement des images et la réflexion entre différentes langues. L’objectif consiste à mettre en œuvre et partager une conscience politique/sociale/queer/sonique de la “navigation” en tant que possibilité d’apprendre à vivre la complexité stratifiée du monde contemporain.