Talisman

Talisman
Marilou Bal, Marie Bette, Christian Bili, Yannis Christ, Guillaume Dénervaud, Rémi Dufay, Luca Guizzo, Paul Hutzli, Aurélie Jacquet, Tayeb Kendouci, Samuel Lecocq, Galaxia Wang
Avec Yann Chateigné

13-30.10.2016
Vernissage le 12.10 dès 18h
Exposition du 13 au 30 octobre 2016

Centre Culturel du Manoir
Place du Manoir, 4
1223 Cologny

La manière dont nous faisons aujourd’hui l’expérience du temps est celle de durées démultipliées, connectées, réseaux de temporalités entremêlées, faits de synchronisations et désynchronisations continues. Nos vies semblent frayer au travers de multiples temps parallèles, dimensions du temps comme diffractées, aux continuités invisibles. Nous sommes en guerre, à chaque instant, consciemment ou inconsciemment. En guerre contre ces courants de temps pour notre Temps, flots et croisement constamment reconfigurés de forces qui capturent notre attention, demandent notre concentration, informe notre conscience.

 

Comme si nous avions passés un cap dans notre histoire récente, le temps s’est retourné sur lui-même : ce n’est plus uniquement lorsque nous dormons, ou voyageons dans des états de conscience altérée que la logique du rêve organise notre perception du monde. Si, la nuit, un nombre toujours plus grand de machines veillent sur nous, régulent notre sommeil, rythment nos rêves, alors que nous sommes éveillés notre esprit semble plongé dans un monde crépusculaire, hanté, dérivant entre les lignes de temps digitales et des portions de temps réellement vécu.

 

Cela fait trente ans cette année que l’écrivain argentin Jorge Luis Borges (1899 – 1986) repose à Genève, au Cimetière des Rois.La pensée de Borges, discrète, parfois souterraine, ses réflexions sur les formes du temps – infini, circulaire, bifurquant –, son rapport à l’histoire, à la fiction, à la science, représentent autant d’alternatives à cette expérience du temps mécanique, mesurable, rationnelle. Borges a construit, dans ses ouvrages, comme il disait si bien, un « monde mental instable : un monde d’impressions évanescentes ; un monde fait de temps, du temps absolu, uniforme… un infatigable labyrinthe, un chaos, un rêve ».

 

L’œuvre de Borges informe profondément le travail d’œuvres jalonnant singulièrement la seconde moitié du 20ème siècle, figures autant critiques, artistiques que littéraires – jusqu’aux travaux d’artistes les plus récents. Linéarité, points de repères temporels, récits généalogiques, tout ce qui avait pu être enseigné comme les fondements sur lesquels repose notre histoire, notre culture ou notre mémoire sont minés par ces projets qui vont se penser en tant qu’archéologies, constellations, réfutations du temps.

 

Cette exposition présente les résultats d’une année de conversations entre douze jeunes artistes étudiants dans le cadre d’un séminaire du programme Work.Master et Yann Chateigné, curateur, professeur et Responsable du Département Arts visuels de la HEAD – Genève. Organisée en partenariat avec la Fondation Bodmer, détentrice d’une fonds exceptionnel consacré à Jorge Luis Borges, elle est le premier jalon d’une série d’événement qui jalonneront la fin de l’année, dans différents lieux à Genève. Une publication recueillera in fine l’ensemble des réflexions et des travaux produits dans le cadre de cette enquête collective.

Une collaboration entre la HEAD – Genève, le Centre Culturel du Manoir et la Fondation Bodmer