Lights, Camera, Action ! Staging and projection in Mike Kelley’s Day Is Done. Conférence de John C. Welchman

Projection de Day Is Done de Mike Kelley (2005-2006, vidéo, 169’)

Mercredi 9 mars à 18h30,

Salle de projection, Bâtiment Général Dufour 2, 1204 Genève. 

Lights, Camera, Action !

Staging and projection in Mike Kelley’s Day Is Done[1]

Conférence de John C. Welchman

Lundi 21 mars 2016 à 18h30,

Salle R10, Bâtiment James-Fazy 15, 1201 Genève

L’option Information/fiction et le Work.Master invitent John C. Welchman à interroger les dynamiques répressives et émancipatrices de l’éducation à partir de Day Is Done (2005-2006) de Mike Kelley. Dans une œuvre antérieure, Educational Complex (1995), l’artiste américain a reconfiguré l’agencement programmatique d’établissements scolaires qu’il a fréquentés et l’architecture modèle de sa maison familiale. Dans la continuité de cette investigation sur les lieux où se détermine la distribution sociale des rôles, Day Is Done confronte pour sa part les passages d’une vie institutionnelle aux interstices extrascolaires propices à l’invention d’autres pratiques culturelles.

Professeur d’histoire, de théorie et de critique d’art à l’Université de Californie de San Diego, mais également auteur et éditeur de plusieurs publications sur le travail artistique et les écrits de Mike Kelley, John C. Welchman problématise les enjeux psychologiques et culturels de Day Is Done. Cette œuvre est fondée sur une collection d’images tirées de yearbooks que l’artiste reconstitue en photographie et en vidéo. L’hétérogénéité des registres convoqués, du théâtre filmé pour la télévision à la comédie musicale, en passant par les sitcoms et la pornographie, interroge l’empreinte sociale qui transparaît dans le jugement esthétique. En situation d’exposition, les séquences d’Extracurricular Activity Projective Reconstructions #2-32 sont projetées sur les écrans d’installations sculpturales qui reprennent des fragments d’architectures (dont les couloirs de l’école d’art CalArts) et le décor de scènes de spectacle.

Ces rassemblements collectifs décrits par Kelley comme des « rituels socialement acceptés de la déviance[2] » sont tant mobilisés par des injonctions corporatistes, que par des motivations singulières. Dans la perméabilité entre la reproduction de comportements mimétiques et l’aire de jeu potentielle qu’offre la scène, comment se met en œuvre l’expérience de la connaissance?

Les questions abordées par cette conférence seront approfondies lors des suivis d’atelier donnés par John C. Welchman les 22 et 23 mars, sur inscription.

Les champs de recherche John C. Welchman investissent entre autres la critique institutionnelle[3], les frontières culturelles[4], la scène artistique californienne[5], les pratiques de l’appropriation[6], l’esthétique du risque[7], le comique[8], ainsi que les rapports entre discours imagé et textuel[9]. Paru récemment, un premier volume rassemble ses écrits: Past Realization. Essays on Contemporary European Art (Sternberg Press, 2016).

Les textes qui concernent plus particulièrement les questions liées à l’éducation sont « Fête accompli. Mike Kelley’s Day Is Done[10] », « Educational Complexes : absence, abus et désacralisation institutionnelle dans l’œuvre et les écrits de Mike Kelley[11] ». Il a édité plusieurs recueils d’écrits et d’entretiens de Mike Kelley, dont Foul Perfection : Essays and Criticism (MIT Press, 2003) et Minor Histories : Statements : Conversations, Proposals (MIT Press, 2004). En outre, il préside le comité de direction de la Mike Kelley Foundation for the Arts.

Geneviève Loup et Vincent Kohler

[1] La conférence est donnée en anglais ; une traduction française synthétise les propos de l’intervenant.

[2] Mike Kelley, « Day Is Done », in Day Is Done, New York, Gagosian Gallery, 2007, p. 461.

[3] John C. Welchman (éd.), Institutional Critique and After, Zurich/New York, JRP|Ringier/DAP, 2006.

[4] John C. Welchman (éd.), Rethinking Borders, Minneapolis, The University of Minnesota Press, 1996, et John C. Welchman, Modernism Relocated. Towards a Cultural Studies of Visual Modernity, St Leonards, Allen & Unwin Pty Ltd, 1995.

[5] John C. Welchman (éd.), Recent Pasts. Art in Southern California from the 90s to Now, Zurich, JRP|Ringier, 2005.

[6] John C. Welchman, Art After Appropriation. Essays on Art in the 1990s, Londres, G+B Arts International, 2003.

[7] John C. Welchman (éd.), The Aesthetics of Risk, Zurich, JRP|Ringier, 2007.

[8] John C. Welchman (éd.), Black Sphinx: On the Comedic in Modern Art, Zurich, JRP|Ringier, 2008.

[9] John C. Welchman, Invisible Colors: A Visual History of Titles, New Haven, Yale University Press, 1997.

[10] In Day Is Done, op. cit., pp. 467-485.

[11] In Transmettre l’art. Figures et méthodes. Quelle histoire ?, Christophe Kihm et Valérie Mavridorakis (dir.), Genève/Dijon, Haute école d’art et de design – Genève/Les presses du réel, 2013, p. 283-302.