Joanne Werhli

Au mois de mai, à la tombée de la nuit, les petites histoires du plateau projectus se jouent dans le jardin d’une villa. J’enfile mon plateau, il est prêt à tourner. La tête du miroir se balance dans les arbres. Selon mes mouvements, les images vont apparaître sur l’écran. En marchant, je fais souvent tomber involontairement des objets du plateau. Ca commence...   Le rétroprojectus allumé, je regarde les images de moustiques, de grains de sel, de pastilles en plastique transparent, de petites figurines dont l’une représente un singe musicien. J’y mélange de l’eau, de l’huile, du café... Les liquides s’étalent sur une plaque de verre : l’huile dessine des ronds, chassés par l’eau et , avec un peu de sirop de framboise, l’image devient toute rouge. Je m’équipe d’un masseur éléctrique et une fois enclenché, il vibre, le singe bat du tambour et marche de long en large dans l’image. J’ajoute un peu d’eau, il pleut et le singe rentre. Je nettoie le champ de bataille, ramasse les morts et je recommence. L’espace d’un instant, les éléments inanimés qui m’entourent reprennent vie..

plateau projectus