5 mai 2010 - rencontre avec Richard Dindo

mercredi 5 mai, 19h

Gauguin à Tahiti et aux Marquises
Richard Dindo, Suisse-France, 2009, 1h06mn

« Paul Gauguin avait abandonné son travail d’employé de banque pour devenir peintre. D’un jour à l’autre il ne gagne plus rien. Sa femme danoise le quitte et rentre à Copenhague avec leurs cinq enfants. Gauguin est de plus en plus écoeuré par ses difficultés d’argent et par cette société industrielle qui selon lui est en train de détruire le monde. En 1891, à l’âge de 43 ans, il part pour Tahiti où il espère trouver un paradis, la douceur de vivre, “ pour y chanter et aimer ”. Il compte commencer une nouvelle vie dans les îles et y créer une nouvelle peinture. Le film raconte la vie de Gauguin à Tahiti d’abord, puis aux îles Marquises, où il mourra en 1903. Les tableaux du peintre sont filmés “ dans la nature ”, à travers des reproductions, entouré de fleurs, de feuilles, de vagues de la mer. Une voix off, celle de Gauguin lui-même en quelque sorte, raconte sa vie là-bas, sa solitude, sa pauvreté, ses rêves, son échec, l’incompréhension envers sa peinture. Il mène là-bas, fièrement et douloureusement, la vie d’un homme libre et d’un artiste méconnu. Il dira de lui-même, “ je suis un artiste, un grand artiste, et je le sais.” Le texte de la voix-off est tiré des écrits autobiographiques du peintre, de ses livres Noa Noa et Avant et après, ainsi que de sa correspondance. Ce n’est pas un film pédagogique, ni scientifique, il n’y a aucun entretien avec des “ spécialistes ”, ni aucune explication sur “ le sens ” de tel ou tel tableau, c’est de l’ordre de la poésie et de la recherche de la “ vérité ” du peintre à travers sa propre parole, en cherchant à écouter d’abord le peintre lui-même et en sortant ses tableaux de leur cadre et des musées pour les rendre à leur nature d’origine. »
Richard Dindo

Né en 1944, Richard Dindo vit entre Zurich et Paris. Depuis, il a tourné plus d’une vingtaine de films traitant de Ia mémoire et de la façon de relater des faits historiques ou biographiques, retraçant ainsi la vie de nombreux artistes ou révolutionnaires : Max Frisch Journal I-III (1981), Arthur Rimbaud, une biographie (1991), Ernesto Che Guevara, le journal de Bolivie (1994) ou Genet à Chatila (1999). Il s’intéresse aussi à des personnages moins connus, rebelles ou victimes d’injustices, dont il recueille les témoignages, notamment dans Dani, Michi, Renato & Max (1987) ou dans Charlotte, vie ou théâtre (1992). Il a également réalisé plusieurs documentaires sur des épisodes controversés de I’histoire suisse, dont L’affaire Grüninger, meilleur documentaire suisse en 1998. La même année, il entreprenait une trilogie consacrée aux Hôpitaux Universitaires de Genève : HUG (1998), La maladie de la mémoire (2002) et Trois jeunes femmes (2004).
Après avoir présenté Les rêveurs de mars en novembre dernier à la HEAD - Genève, Richard Dindo nous fait le plaisir de nous montrer son dernier film, Gauguin à Tahiti et aux Marquises, en avant-première genevoise.


Haute école d’art et de design – Genève | 2, rue Général-Dufour | salle de projection, sous-sol

publié le 15 mai 2010

modifié le 31 mai 2010