Atelier Bolex - Survivance du 16mm, avec Jan Peters et Sophie Watzlawick

A l’heure de la mort annoncée du cinéma argentique, de la disparition imminente de pratiques qui ont fait l’histoire du cinéma, c’est une chance pour les étudiants de profiter des derniers feux du 16mm, d’expérimenter la magie, la difficulté et la précision du travail en pellicule. L’atelier a été conçu et dirigé par le cinéaste suisse Jan Peters assisté de Sophie Watzlawick, tous deux basés à Berlin et spécialistes reconnus du 16mm.
Après une présentation de la tradition du cinéma expérimental (projection en pellicule d’un programme de films choisis par Jan Peters), et une initiation technique aux caméras Bolex par la chef opératrice allemande Marion Neumann, chaque étudiant a réalisé un court film libre, selon une règle du jeu simple : chacun disposant du même métrage de deux pellicules aux sensibilités et propriétés différentes, l’une nécessitant un développement en laboratoire et l’autre développée par les étudiants eux-mêmes, le film devait tirer parti de cette différence, du potentiel narratif et plastique de l’écart entre les deux pellicules.
L’autre enjeu de cet atelier est la création sonore et le montage audio-visuel à partir d’une stricte séparation de l’image et du son, sous la houlette de l’ingénieur du son Philippe Ciompi. Après une initiation théorique aux enjeux de l’articulation entre bande image et bande sonore créée ex-nihilo, chaque étudiant a conçu la bande-son de son film, de la prise de sons au montage.
Faire du cinéma, c’est « penser avec les mains », dit Jean-Luc Godard en citant l’essayiste genevois Denis de Rougemont : cet atelier initie aux plaisirs et aux risques d’un cinéma artisanal, reposant sur une compréhension fine des matériaux visuels et sonores et sur leur manipulation réfléchie. Réaliser un film en pellicule, c’est apprendre à faire des choix clairs, à se concentrer sur chaque plan, chaque cadre et chaque lumière, à développer les puissances souvent négligées du son, à tirer le meilleur parti d’un matériau limité. C’est comprendre que chaque image est précieuse, engage la responsabilité de celui qui la fait, et que le cinéma devrait toujours reposer sur l’égalité et la fraternité de l’image et du son, comme dit aussi JLG après Robert Bresson.

publié le 20 octobre 2014

modifié le 14 avril 2016