Atelier “The Wire”

Créée par un ancien journaliste du Baltimore Sun, David Simon, et un ancien policier, Ed Burns, et scénarisée par de grands noms du roman noir américain, la série américaine “The Wire” est devenue culte. S’appuyant sur des investigations de terrain de plusieurs années, elle décrit finement la réalité sociale, économique et politique des habitants du “ghetto” de Baltimore. Consacrée “meilleure ethnographie jamais réalisée de l’Amérique urbaine contemporaine” par le sociologue William Julius Wilson, elle est un outil efficace de discussion et de débats autour des problématiques qui parcourent les quartiers populaires. Elle sert aujourd’hui de support à de nombreux cours sur la ville ou sur les inégalités sociales. Après avoir été étudiée à Harvard, fait l’objet d’un séminaire et d’un colloque à l’université de Paris Ouest Nanterre, la série arrive au Département Cinéma du réel de la HEAD-Genève… Très exactement parce que “The Wire” est au croisement de la sociologie, de la science politique, de l’urbanisme et des études cinématographiques, plus particulièrement celles, documentaires ou fictions, qui s’ancrent dans le réel.

Première semaine, entre théorie et pratique…
Atelier animé par Bertrand Bacqué et Bruno Ulmer.

L’atelier s’est ouvert par une présentation générale des enjeux politiques et esthétiques de la série par Bertrand Bacqué. Nous avons insisté sur la notion de “social science fiction”, interrogeant le rapport entre réalité et fiction, l’importance du travail de “terrain”, de la connaissance des “territoires” et de leurs modes de fonctionnement… Un approche “ethnographique” en quelque sorte, qui ancre les films dans le réel. Les étudiants, par groupes de deux, ont ensuite présenté chacune des cinq saisons, avec analyse filmique et présentation d’une séquence.
L’atelier s’est poursuivi avec trois jours de cas appliqués, tirés de la série, sur deux thématiques au croisement du cinéma et de sciences sociales : “Filmer l’espace, le groupe et l’individu” par Arianne Hudelet, maîtresse de conférences en études anglophones à l’Université de Paris, et “La représentation des Afro-Américains dans la série” par Anne-Marie Paquet-Deyris, professeur d’études filmiques et de littérature américaine à l’Université de Paris, animant également un groupe de recherche sur le cinéma hollywoodien.
Ces présentations ont donné lieu à des discussions très concrètes, appuyées sur de nombreux extraits, et mise en lien avec les projets de films bachelor.

Il est à noter que cet atelier exceptionnel, envisagé comme une préparation au film Bachelor, a pu accueillir en plus une dizaine d’étudiants en première année, dans le cadre de la semaine de tous les possibles.

Deuxième semaine “ The Wire” aux Pâquis, écriture et réflexions
Atelier animé par Séverine Cornamusaz
Invités : Max Lobe, écrivain et Patrick Delachaux, écrivain

Le synopsis de deux projets écrit en première semaine d’écriture aux Pâquis est repris pour un développement de scénario en vue de tourner deux courts-métrages au sein de la classe.
L’un des deux s’est inspiré de l’extrait de Max Lobe.
L’autre de celui de Patrick Delachaux.
Les deux écrivains viennent partager leur vision des Pâquis (Max Lobe comme immigré camerounais arrivé à 18 ans en Suisse ; Patrick Delachaux comme ancien flic de quartier) et leur pratique de l’écriture engagée.
Ils font une consultation avec chaque groupe.
Le scénario est développé en respectant les différentes contraintes de tournage, de décors, d’acteurs et de non acteurs…

Troisième et quatrième semaines : préparation, tournage et prémontage
Basil Da Cunha et Jean-Charles Hue

Cet atelier a été préparé en amont à travers le développement des scènes dialoguées abordées en exercice d’écriture. Deux projets ont été retenus et les étudiants, en groupe, ont retravaillé dessus. Dans le même temps, les deux groupes se sont répartis les différents rôles et ont entamé la préparation pratique des tournages.
Cet atelier a pour but de confronter les étudiants et leur écriture à la réalité du territoire des Pâquis. Il s’agit pour eux de s’alimenter de ce lieux et surtout des personnes qui y vivent, de savoir jouer avec ses innombrables contraintes et surtout de construire un dispositif de tournage qui ne soit pas hermétique aux cadeaux que la réalité peut offrir.

Jean-Charles Hue est venu la vieille des tournages présenter ses films et discuter des deux projets. Par la suite, nous avons supervisé les tournages, laissant parfois certaines erreurs se produire car l’expérience de l’échec vaut parfois mieux que mille conseils. Dans d’autres cas, nous avons aiguillé les étudiants pour les amener à tenter d’aller plus loin.

Atelier 3ème année
Du 27 octobre au 5 décembre 14
Professeur-e-s : Séverine Cornamusaz, Bruno Ulmer, Basil Da Cunha, Bertrand Bacqué
Assistante : Céline Carridroit
Intervenant-e-s : Max Lobe, écrivain et Patrick Delachaux, écrivain, Jean-Charles Hue, Arianne Hudelet, Anne-Marie Paquet-Deyris