Atelier d’écriture

Cet atelier a pour objectif de « libérer » l’écriture cinématographique, qu’elle concerne la fiction, le documentaire ou l’essai.

« Libérer » prend ici plusieurs sens. Il s’agit tout d’abord de (re)trouver un certain plaisir à l’écriture première d’un projet, cette phase incontournable de la « mise en mots » d’une idée, d’un désir, mais trop souvent vécue comme un exercice scolaire…

Ce que nous chercherons à mettre en oeuvre là, au travers d’exercices courts et parfois décalés, c’est le fait que l’écriture est bien le premier mode de « mise en image » d’un film ; que l’écriture n’est pas qu’une intention factuelle, mais aussi l’esquisse d’une émotion visuelle, la définition d’une esthétique à venir.

Il s’agit également de « libérer » l’émotion plus intime qui sous-tend chaque projet de film, de mieux appréhender les sentiments, les récits de vie personnels qui les nourrissent, afin, non seulement, d’en irriguer le film avec justesse, mais aussi avec le sens du partage, où le spectateur, est l’ultime destinataire.

En aval de ces exercices où l’émotion s’écrit et se met en médiation, nous travaillerons sur les compréhensions des images, sur les façons, parfois divergentes, de les investir, de les ressentir. Nous insisterons, à ce stade de l’écriture d’un projet, sur la nécessité d’y accueillir la perception et le récit de « l’Autre ».

Il s’agit aussi d’ancrer l’écriture dans le « réel », dans l’environnement direct des étudiants à Genève.

Semaine 1 : le fait divers
Atelier animé par Séverine Cornamusaz et Basil Da Cunha

L’atelier se déroule sous forme d’exercices d’écriture rapides, dont la source se trouve dans le réel.

La première journée est consacrée au personnage, du réel à la fiction. En sortant de sa zone de confort, l’étudiant va à la découverte d’un autre milieu social, d’un autre quartier. Dans un café ou dans un espace public, il attrape une conversation, il choisit quelqu’un, le décrit précisément, lui crée une biographie imaginaire et en crée un « personnage » de fiction.

De même que pour tout comédien la recherche intérieure de « la mémoire affective » ne peut se passer de l’observation de tout ce qui l’entoure, (Stanislavski, formation de l’acteur), que se soit dans une perspective d’une fiction ou d’un documentaire, tout réalisateur doit savoir lire tous les petits signes extérieurs qui peuvent caractériser un personnage. L’importance de l’écoute, du son, de la parole des autres. Etre attentifs aux « sons humains » qui nous entourent…

La deuxième journée, les étudiants se mettent par deux et confrontent leur personnage dans une scène dialoguée en inventant une situation de laquelle naît la rencontre des 2 personnages et en définissant un lieu pour cette rencontre, un « décor trouvé dans la ville.

La troisième journée, rendez-vous est donné dans un bistrot populaire du quartier des Pâquis.
Rencontre avec le photographe Fred Merz, présentation de 6 photographies, de six personnages typiques des Pâquis.
Présentation de deux débuts de romans genevois, écrits aux Pâquis : « Flic de quartier » de Patrick Delachaux et « 39, rue de Berne » de Max Lobe.
Chaque étudiant choisit un des deux extraits de roman et décide de l’utiliser pour le début ou la fin de l’histoire qu’ils vont inventer. Ecriture sur place, en situation, en se nourrissant de ce qui les entoure.

La quatrième journée, la scène d’ouverture de ce synopsis est développée sous forme de scène dialoguée.
La première image et la première scène posent toujours une série de difficultés très spécifiques pour tout scénariste et réalisateur. C’est ce qui doit créer un lien immédiat avec ceux qui verront le film, les plonger dans une ambiance, faire passer un nombre significatif d’informations sans être excessivement démonstratif ou descriptif, utiliser subtilement le pouvoir d’évocation des images pour créer un lien affectif, soit-il d’adhésion ou de répulsion, avec les personnages.

Semaine 2 : territoires
Atelier animé par Bruno Ulmer

La seconde partie de l’atelier « Ecritures » a été consacrée aux notions croisées de "terrain" et de "territoire", deux approches complémentaires pour aborder, comprendre et "investir" une problématique, non par le sujet lui-même dans un premier temps, mais par son "lieu", dans toutes ses dimensions. De l’approche anthropologique du terrain à la définition d’un territoire, c’est toute la capacité d’observation, le choix du point de vu, l’angle thématique qui en découlent...

L’atelier s’est ouvert par une réflexion sur la notion anthropologique de “terrain” en s’appuyant sur trois textes théoriques majeurs : Non-lieux, introduction à une anthropologie de la surmodernité et Pour une anthropologie des mondes contemporains de Marc Augé, ainsi que Les Hétérotopies de Michel Foucault, présentés par Bertrand Bacqué.
A partir de ces références théoriques, les étudiants ont été invités à définir les différents territoires de leurs projets de film Bachelor : territoires géographiques, sociaux culturels, immatériels... ainsi que les modalités d’approche du terrain dans lequel leur film se situe.
La projection du film “Welcome Europa”, en fin d’atelier, a permis de mettre en discussion très pratique ces notions de terrain et de territoires. La présentation des étapes de repérages, d’écriture et de tournage, a soulevé de nombreuses - et passionnantes - question sur le réel et sa "mise en image". Cette séance était animée par Bruno Ulmer.

Semaine3 : Fab/Lab

L’atelier d’écriture s’est poursuivit durant la semaine du "Fab/Lab”, les étudiants “documentent” le ou les territoires de leurs films, par la photographie, des interviews... mettant en oeuvre des tentatives, une réflexion active sur le terrain.

Atelier 3ème année
Du 22 septembre au 3 octobre 2014
Professeur-e-s : Séverine Cornamusaz, Bruno Ulmer, Basil Da Cunha, Bertrand Bacqué
Assistante : Céline Carridroit
Intervenants : Fred Merz, photographe, Max Lobe, écrivain et Patrick Delachaux, écrivain