Atelier « filmer la parole »

Destiné aux étudiant-e-s de troisième année, l’Atelier "Filmer la parole" s’est ouvert le 12 novembre 2013 par une journée de discussion-réflexion autour de deux films où la parole non seulement joue un rôle central dans la narration mais aussi engage la singularité de la proposition cinématographique, entre fiction et documentaire : Road to Guantanamo de Michael Winterbottom (2006) et Syngué Sabour, pierre de patience d’Atiq Rahimi (2012). Les deux films, situés en Afghanistan, déroulent en effet leur fil narratif sur une parole particulière : pour le premier, les témoignages face caméra, à la façon d’un documentaire, inspirés d’une histoire et de propos réels et incarnés par des comédiens non professionnels, viennent rythmer, en étapes régulières la progression dramaturgique du film ; pour le second, dans le cadre restreint d’une petite chambre, et avec une mise en image très théâtrale, c’est la seule parole d’une femme, un très long monologue adressé autant à son mari plongé dans le coma qu’à elle-même, libérée, qui dessine l’arc narratif du film… Cette discussion a été animée par Aude Py.

La seconde partie de l’Atelier, pour les deux jours qui ont suivi, reposait sur un exercice très pratique, une « expérience » proposée aux étudiant-e-s de filmer leur propre parole.
Adrien Kessler, ingénieur du son, et Colin Lévêque, chef-opérateur (INSAS) ont donné les bases techniques, abordé les problématiques d’image, de cadre, de lumière… En parallèle, les différents principes de réalisation du recueil de la parole ont été discutés, à partir d’exemples et d’expériences réelles de tournage.
En pratique, pour éprouver la nécessité d’une solide préparation d’un entretien, la difficulté d’aller dans la profondeur d’un témoignage, la dynamique d’un échange… chaque étudiant-e a été, à tour de rôle, réalisateur-trice interviewent-e et sujet interviewé, puis chef-opérateur-trice et ingé-son. Le thème et la durée des entretiens étaient prédéfinis : il s’agissait d’interroger et d’être interrogé-e sur les motivations, les intentions qui guident pour chacun-e le projet de film bachelor ; quant à la durée, il était demandé un entretien mené pendant au moins 40 minutes.
Cette mise en situation – de part et d’autre de la caméra – a ainsi permis de prendre conscience de la nécessité de créer ce que l’on peut appeler un « espace transactionnel », d’échange équilibré, respectueux et de confiance dans le cadre le plus souvent rencontré de l’interview documentaire, mais aussi, par extension, de la fiction, dans la relation aux acteurs.

Atelier sous la direction d’Aude Py et Bruno Ulmer.
Assistante : Céline Carridroit

publié le 16 novembre 2013

modifié le 8 avril 2014