Ateliers pratiques avant tournage…

Pour les étudiant-e-s Bachelor, porteurs de projets documentaires, Production, image et montage ont été les trois mots-clés des ateliers pratiques qui ont précédé leurs périodes de tournage.

Répartis en trois semaines consécutives, ces ateliers ont vocation à reprendre quelques « fondamentaux » de la réalisation, avec une approche concrète, pratique et totalement appliquée aux spécificités de chacun des projets de film. Après une courte « remise à niveau » en groupe, l’atelier se déroule essentiellement dans le cadre de rendez-vous individuels avec des professionnels du documentaire. Là, en entretiens, en discussions ouvertes et en quelques exercices pratiques, chaque professionnel évoque avec les étudiant-e-s tous les aspects de la réalisation de leurs films, les interroge une dernière fois sur les intentions, les choix effectués, la composition des équipes, les lignes de postproduction… Ces réflexions, ces conseils doivent conduire concrètement à une meilleure définition du film et à l’optimisation du tournage et de la postproduction. C’est au terme de ces ateliers que les étudiant-e-s finalisent l’écriture de leurs projets… Une version de tournage en quelque sorte.

Cette année, les ateliers ont été animés par Geneviève Rossier pour la production ; Johan Legrai pour l’image ; Yaël Bitton pour le montage.
L’atelier de production s’est consacré essentiellement aux modalités de tournage, déplacements, équipes, point matériel… L’atelier mené par Johan Legrai, chef-opérateur de documentaires et de fictions, a été, lui, totalement dirigé sur l’image du film : discussions, avec exemples et extraits de films à l’appui, sur les cadres, les profondeurs de champs, sur la mobilité/fixité de la caméra, l’anticipation de l’étalonnage, les intentions attachées aux personnages et aux lieux… Quant à l’atelier montage, qui peut paraître anachronique à ce stade de pré-tournage, il a un intérêt très précis. Celui de l’anticipation d’un certain nombre de difficultés liées à l’enchaînement des séquences telles que la note de réalisation les organise. Yaël Bitton, cheffe monteuse, très au fait du montage documentaire, et ayant été scripte, apporte une rigueur très utile au film, dans l’optique du montage à venir.

Particularité des films et essais documentaires cette année, l’idée du voyage
Une rencontre dans la belle lumière du Sud marocain avec des femmes, de tous âges, tisseuses de tapis et dont la parole, les récits de vie souvent tus, s’écrivent en signes et symboles dans les fils de laine tissés à la main ; un voyage en roulotte, au rythme des pas du cheval et des paysages traversés de la France, la vie d’un nomade, poète écrivain solitaire qui, pour une fois, se laisse accompagner par une jeune réalisatrice au regard sensible, touchée aussi par ce temps du voyage qui questionne autant la solitude que la vie… ; un autre voyage, dans l’imaginaire cette fois, celui des contes d’Edgar Allan Poe, « Morella » dont l’histoire étrange, transposée aujourd’hui dans les landes de Bretagne, s’incarne dans le jeu de comédiens plongés dans le réel d’un village, du quotidien de ses habitants, de fêtes et d’église en ruine battue par les vents de l’océan… ; plus loin encore, un voyage en Iran, mais vu depuis Genève, à la bonne distance pour avoir la plus grande liberté de dire, de commenter la vie du pays et des Iraniens… La réalisatrice, iranienne, artiste cinéaste, invite en Suisse le fameux « Super Sohab », un jeune iranien vêtu de son costume de super-héros… ; enfin, un voyage en forme de transmission, du père au fils, et du fils au fils… Le réalisateur qui vient d’être papa s’interroge sur cette filiation en partie à l’aide de la musique qu’il compose. Des samples de sons du réel qui accompagnent ses témoignages auto-filmés, et qui racontent ses origines iraquiennes et sa vie, et celle de son fils, en devenir en Suisse…

Et dernière touche à l’ambiance de voyage… Les étudiant-e-s ont pu profiter des conseils de Jorge Yglesias, professeur à l’Ecole de Cinéma de Cuba (EICTV)… Un regard autre, affuté, nourri d’autres expériences qui a permis de réinterroger chaque projet de films, de les ouvrir encore à la réflexion d’avant tournage.

Ateliers dirigés par Aude Py, Séverine Cornamusaz et Bruno Ulmer, avec l’accompagnement de Céline Carridroit.

publié le 10 avril 2014

modifié le 14 avril 2016