Carte blanche au Département Cinéma / cinéma du réel - HEAD – Genève au FIFDH

Wu Wenguang, cinéaste et producteur chinois

Retrospective Wu Wenguang

Le cinéma raconte parfois des histoires vraies ! Et il s’engage à façonner des représentations qui soient actes de mémoire, individuelle et collective. La Chine de la fin du XXe et début du XXIe siècles s’est vue filmée, questionnée, dévoilée, contestée et en tous les cas racontée sur des modes résolument novateurs. Wu Wenguang est de cette génération qui prend à bras le corps cette histoire contemporaine de la Chine afin d’engager des histoires dans les failles, sinon les abîmes de la grande histoire de la nation.

Dimanche 12 mars, 21h : Investigating My Father de (Wu Wenguang, 80’, 2016), Grütli - Salle Langlois
Mardi 14 mars, 18h30 : Treatment (Wu Wenguang, 80’, 2010), Robert Kramer
Mercredi 15 mars, 18h30 : No Land (Wu Wenguang, 40’, 2015) + My Grandpa’s Winter (Wu Wenguang, 30’, 2011), Robert Kramer
Jeudi 16 mars, 18h30 : Self-portrait with three women (Wu Wenguang, 70’, 2010), Robert KrameR
Vendredi 17 mars, 18h30 : My Village 2008 (Wu Wenguang, 75’, 2009), Robert Kramer

My Grandpa's Winter

My Grandpa’s Winter

Biofilmographie
Début de l’année 1989, Wu Wenguang (né en 1956 à Kunming, Yunnan), ancien instituteur devenu journaliste de télévision, avait pris les premières images en vidéo légère d’amis artistes peintres, de théâtre, des photographes, de ces gens qui se sont soustraits aux résidences que l’état leur imposait dans les provinces du pays. Ces personnalités sont celles, qui avec des étudiants et des ouvriers, manifesteront dès la mi-avril 1989 sur la Place Tian’anmen, jusqu’au 4 juin, date des massacres perpétrés par l’armée.
Wu Wenguang va être une des figures majeures du nouveau cinéma documentaire par la réalisation de films tels que Bumming in Beijing, the last dreamers, première œuvre en 1990, une collection d’entretiens qui émancipent la parole, plus tard Fuck Cinema (2005) est une plongée drôle et inquiétante dans le cinéma tendu entre création indépendante et impératifs du marché. Avec Treating (2010), le réalisateur signe un film plus intimiste à caractère expérimental, une méditation qui prend à témoin sa mère décédée, la violence de la Révolution culturelle et sa propre personne mise en scène et en danger.
Wu Wenguang a développé en parallèle une intense activité de producteur en lançant deux projets majeurs en lien étroit avec l’établissement d’une mémoire collective faite de films dans lesquels la vie telle qu’elle est et fut vécue est montrée et explicitée. C’est la Villagers Documentary Project, des films tournés par des gens de la campagne dans leurs villages. Formés au maniement de caméra DV, ils filment et la collection fait date en racontant par le détail la vie quotidienne dans ses méandres sociaux et politiques passionnants. Le deuxième grand oeuvre est plus précisément axé sur l’établissement d’une mémoire populaire, la Folk Memory Documentary Project. Il y est question de la grande famine, des millions de morts. Des cinéastes – enquêteurs volontaires entre 20 et 60 ans issus de 80 villes et villages partent sur le terrain pour donner la mesure des phénomènes essentiels à l’écriture d’une nouvelle histoire.
Wu Wenguang travaille aussi à des installations qui mêlent en des chorégraphies singulières danse et images vidéo.
Un état des lieux de cette carrière impressionnante est nécessaire, étant entendu que les enjeux politiques et mémoriels, esthétiques et narratifs, sont d’un intérêt aujourd’hui général, par-delà les frontières de la République populaire de Chine.

Tadmor

Mercredi 15 mars, 17h30 et 20h30 : Tadmor (Monika Borgmann, 2016), Spoutnik

Huit hommes libanais brisent le silence sur les longues années passées dans la célèbre prison syrienne de Tadmor. Les mots n’ont pas suffis à surmonter le déni des gouvernements syriens et alliés. Ils ont alors décidé de revivre ce calvaire en rejouant ce « royaume de folie et de mort », dans les rôles de prisonniers et de gardiens. Une vision complexe et immersive de la violence politique d’aujourd’hui, Tadmor est un film dédié aux survivants et à ceux qui demeurent encore en prison.

La séance de 17h30 sera suivie d’une discussion avec les réalisateurs Lokman Slim et Monika Borgman et le monteur Olivier Zuchuat. La séance de 20h30 sera quant à elle suivie d’une discussion les fondateurs de l’ONG UMAM, avec Philip Belau (Expert sur la Syrie d’Amnesty International) et la productrice Gabriela Bussman.

24h à Champ-Dollon. La prison entre représentations et réalité

Jeudi 16 mars, 21h : Projection des films sur Champ-Dollon par le CFP Arts, Robert Kramer

En partant de l’expérience des membres de la Commission Prison de la Ligue Suisse des Droits de l’Homme qui visitent régulièrement des personnes détenues à Champ-Dollon, cet événement a pour but de comprendre les causes de cette surpopulation, de sensibiliser à la situation et d’informer la société civile sur les réelles conditions de détention dans cette prison.

La soirée débutera par la projection de clips réalisés par une classe du CFP Arts sur l’enfermement à la prison de Champ-Dollon. Pour préparer ces films, les étudiant-e-s ont rencontré des membres de la Commission de Détention Pénale de la Ligue Suisse des Droits de l’Homme. Les clips représentent ce que ces étudiant-e-s imaginent d’un enfermement 23/24h dans une cellule avec jusqu’à cinq co-détenu-e-s. Ils se basent sur des extraits d’entretiens anonymisés qui ont été partagés avec les étudiant-e-s. Les meilleurs clips seront récompensés par une remise de prix.

publié le 7 mars 2017