Pour la suite du monde

de Michel Brault, Marcel Carrière et Pierre Perrault (Canada, 1963)

Cours : Histoire et esthétique du cinéma - Bertrand Bacqué

Semestre d’automne 2016, GD, salle de projection

La poétique des auteurs
Afin de renouveler l’approche de l’histoire du cinéma, nous nous proposons de présenter un cinéaste par cours, façon de traverser les grands courants et les grandes cinématographies nationales d’une manière différente. De Griffith à Rossellini, il s’agira à chaque fois d’envisager la genèse d’une écriture cinématographique et de voir comment une forme fait sens dans telle ou telle œuvre, tout en s’affranchissant des codes esthétiques dominants. Nous analyserons des séquences clés de leurs principaux films sans oublier d’évoquer les dimensions historiques, techniques et économiques qui les ont vu naître. Le cours sera suivi par la projection d’un long métrage du cinéaste évoqué. La présentation de ce film sera assurée par un-e étudiant-e.

Fictionner le réel, le cinéma entre documentaire et fiction
Dans ce cours-séminaire consacré au cinéma du réel, nous aimerions interroger les frontières – quand bien même indiscernables – entre fiction et documentaire. En insistant plus particulièrement sur la narration, le tournage et le montage, nous analyserons en détail une œuvre clé par séance, qu’elle soit signée par de grands ancêtres (Robert Flaherty, Dziga Vertov) ou par des cinéastes plus contemporains (Claudio Pazienza, Avi Mograbi), en passant par des modernes (Johan Van der Keuken, Robert Kramer). Afin d’appuyer l’analyse, nous mettrons le film choisi en regard d’autres extraits, avec cette question essentielle en tête : quelle(s) stratégie(s) le cinéaste a-t-il mis en œuvre pour fictionner le réel ?

Jia Zhang-ke, une poétique de l’image
Jia Zhang-ke, né en 1970 dans le Nord de la Chine, à Fenyang, est, avec Wang Bing, l’un des cinéastes phares de la sixième génération (dite « underground »). Profondément marqué par les manifestations de Tian’anmen (avril – juin 1989), Jia fait, à travers son œuvre, le portrait décalé de la Chine contemporaine, des années communistes aux années « capitalistes », loin de la vitrine officielle voulue par le PCC. De Xiao Wu, artisan pickpocket (1997) à Au-delà des montagnes (2015), en passant par Dong (2006) ou I Wish I Knew (2010), Jia Zhang-ke explore toutes les techniques cinématographiques (16 mm, 35 mm, DV, HDCM…), à la croisée du documentaire et de la fiction, et en plasticien qui réaffirme ostensiblement la valeur du plan.

Cours de 17h00 à 19h00.