Cycle de projections autour de Chris Marker

  • Du 19 au 22 janvier 2012
    Les Cinémas du Grütli (Rue Général-Dufour 16,
    1204 Genève )

« D’Est » de Chantal Akerman

Dans le cadre de Spirales, événement initié par le Ciné-club universitaire de Genève autour de Chris Marker auquel s’est notamment associé le Département Cinéma/cinéma du réel de la Head – Genève, les Cinémas du Grütli, le Centre de la Photographie Genève (CPG) et le Centre d’Art Contemporain Genève (CAC), un cycle de projections de 5 films rares et exceptionnels est à l’affiche des Cinémas du Grütli. Une programmation composée par Emilie Bujes, curatrice au Centre d’Art Contemporain Genève. Une façon de prolonger les réflexions autour de Chris Marker lancées dans le cadre du Colloque "Dans l’antre du chat" et de l’exposition Les Marques Aveugles.

Programme :
Jeudi 19 janvier, 19h
- Brent Green, ”Gravity was everywhere back then”, 2010, film 16mm et photos numériques, 75’ anglais (sans sous-titres).
Un film qui conte l’histoire vraie de Leonard et de Mary, de leur amour, et de la quête désespérée de Léonard, qui construisit une tour sur sa maison afin de sauver sa femme de la maladie. Inspiré par le destin de Leonard Wood, Brent Green a reconstruit son excentrique maison dans son jardin, et recréé son histoire sous la forme d’une animation image-par-image. Avec une esthétique singulière, un décalage (inévitable) entre image et son, le film est une ode au romantisme et au bricolage, sur fond d’interrogations plus fondamentales, spirituelles ou existentielles.

Vendredi 20 janvier, 19h
- James Benning, ”13 Lakes”, 2004, film 16mm. Couleur, son, 135’, sans dialogue.
Un film expérimental et exigeant qui requiert la patience du spectateur, "13 Lakes" de James Benning dépeint treize lacs en autant de séquences de dix minutes. Les plans fixes, quoique très profonds, restreignent l’image à une fenêtre et contraignent le spectateur par leur durée à une observation inspirée de la nature et de ses détails. Ce cadrage, qui est d’ailleurs récurrent dans sa structure (la ligne d’horizon se situe approximativement au milieu de l’image partageant eau et ciel de façon presque équivalente), engendre par ailleurs une mise en exergue des éléments situés hors cadre (dont les sons peuvent être perçus, ou qui parfois traversent l’image) et de la présence de Benning et de sa caméra.

Samedi 21 janvier, 18h
- Chantal Akerman, « D’Est », 1993, film 16 mm, couleur, son, 110’, sans dialogue.
"D’Est" est un voyage en 16mm de l’été au plus profond de l’hiver, d’Allemagne de l’est à Moscou, à travers la Pologne, l’Ukraine, toute l’Europe de l’Est. Chantal Akerman a filmé tout ce qui la touchait ; des visages, des rues, des bus, des intérieurs, des files d’attente, des portes, des repas, des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, qui passent ou qui s’arrêtent, assis ou debout, des jours et des nuits, la pluie, la neige et le vent, l’hiver et le printemps. Chantal Akerman a filmé tout un monde en disparition, au moment où se dissout le bloc des pays de l’Est, et avec lui une société pleine d’espoirs envolés, qui n’aura fait qu’attendre des temps meilleurs. Dans un mouvement ininterrompu le film subsiste comme un souvenir de ces instants.

Dimanche 22 janvier, 17h
- William E. Jones, "Discrepancy", 2008-2010 vidéo, couleur, son, 9’30’’, anglais (sans sous-titres).
"Discrepancy" de William E. Jones est le titre d’un groupe d’œuvres – présentées ici de façon synchrone sur un écran unique – s’inspirant de « Traité de bave et d’éternité » et du manifeste de « cinéma discrépant » défendu par Isidore Isou. La bande son de « Traité… », légèrement modernisée et radicalement condensée pour atteindre une durée de 9’30, est lue par un générateur de voix de synthèse. Elle s’associe à différents types d’images allant de matériel administratif (une conférence de la Drug Enforcement Administration (DEA) ou des images de la guerre du Vietnam), à des éléments formels directement liés aux media tels que le motif apparaissant au rembobinage d’une cassette mini-DV ou celui du programme de musique i-tunes.

- Isidore Isou, "Traité de bave et d’éternité", 1951 film 16mm transféré en béta numérique, n/b, sans son, 120’, français.
"Traité de bave et d’éternité" est un film expérimental basé sur le principe de ce qu’Isidore Isou, son auteur, appelle le montage « discrépant » (divergent), consistant en une disjonction totale entre le son et l’image, travaillés de manière autonome sans aucune relation signifiante. La bande-son, constituée de poèmes lettristes (servant de générique et d’interludes) et d’une narration contant l’histoire de Daniel, auteur d’un manifeste pour un nouveau cinéma (le cinéma « discrépant »), se confronte à des images constituées en grande partie de matériels trouvés (films militaires, exercices de gymnastiques) mais aussi de scènes représentant Isou déambulant dans le quartier de Saint-Germain-des-Près ou en compagnie de personnalités (comme Cendrars ou Cocteau). Ces images sont soumises au procédé de la ciselure, qui consiste à peindre, gratter ou rayer directement le photogramme, rompant par là-même la fluidité du mouvement du film dans une volonté violente, de la part du réalisateur, de renouveler le médium filmique.

Plus d’infos sur le Centre d’Art Contemporain Genève à l’adresse http://www.centre.ch/
Et sur Les Cinémas du Grütli : www.cinemas-du-grutli.ch

publié le 16 janvier 2012