Département Cinéma/cinéma du réel de la HEAD - Genève / 2017-18

Tournage du film de diplôme "La Vy au loup" de Camille de Pietro (Photo : Andrea Marioni)

Le Département Cinéma/cinéma du réel assure une formation Bachelor sur trois années. Dès l’année 2017/2018, deux options de formation Bachelor seront proposées : réalisation et montage. Un Master de deux ans est assuré conjointement par la HEAD – Genève et l’ECAL – Lausanne.

4 x le Département Cinéma

Affirmer : le cinéma est notre territoire originel ; il possède son histoire propre, ses évolutions ; il est affaire de plans, de découpes assumées dans l’espace et le temps ; il est affaire de montage de fragments en des récits spectaculaires. S’affirmer.

Distinguer : le cinéma ne peut se dissoudre dans l’amalgame du « tout audiovisuel », ni se fondre dans son flux ; il doit s’en dégager, lui résister. Se distinguer.

Convaincre : le cinéma est notre carrefour qui dialogue avec deux types de pratiques, celles de l’art contemporain – art vidéo, installations, morcellement, défiguration/refiguration des images et des récits ; celles de l’anthropologie, des sciences humaines, de la philosophie – histoire de conforter notre propre identité et de prendre la passionnante mesure de ce qui nous sépare de l’Autre, reconnu comme irréductiblement différent de nous. Convaincre de la juste distance.

Révéler : le cinéma est au cœur de préoccupations liées à la révolution digitale et à la communication internet. Le webcinéma ouvre de nouvelles voies entre le récit linéaire hérité de la tradition littéraire et les réseaux non linéaires – des ruptures spectaculaires sont en cours. Les pratiques, les références, les réflexions sont en mutations. Les révéler.

4 missions

Développer un cursus de formation avec la double ambition de permettre aux étudiant-e-s d’épanouir leur désir de cinéma et à terme de construire une vision du monde ; d’autre part, les étudiant-e-s doivent être préparés au marché des industries et artisanats audiovisuels, télévisions incluses, dans lequel ils auront à s’insérer. Et faire du cinéma son invention.

Engager des programmes de recherches en actes, propres aux HES. Ils doivent permettre l’exploration de nouveaux champs de réflexion liés à des pratiques de création, qui engagent des aventures intellectuelles et créatrices singulières, alliées à des actes pédagogiques novateurs. Et penser, voir et montrer à pleine voix, à pleines images.

Au sein de la cité, de la région, rencontrer les publics, provoquer les habitudes, inviter à des événements en lien avec l’art contemporain, partager des réflexions. Et faire du cinéma un lieu commun pour une fête des sens et de la pensée..

Inventer un forum international, qui fédère des forces d’intelligence et de créativité originaires de domaines de compétences hétérogènes. Et imaginer des stratégies de pensées et d’actions.

Deux options : Réalisation et Montage
Dès la rentrée 2017/2018, la formation en Bachelor offrira deux options : réalisation et montage. Après un tronc commun en première année, les élèves choisiront l’une des deux options pour la suite de leur cursus BA.

Une certaine idée du cinéma – du réel

Le Département Cinéma est un centre d’excellence dans le domaine du cinéma du réel. Dans ses dimensions liées aux traditions du documentaire comme de la fiction, ce cinéma questionne le monde tel qu’il est vécu, éprouvé, compris, imaginé, rêvé. Il est celui de toute démarche manifestant un souci du monde, qui prend pied dans le réel, afin de le figurer en objet de connaissance. Il reflète la complexité et l’ambiguïté du monde, interroge ses réalités sociologiques, historiques, politiques, imaginaires et spirituelles. Il revendique des points de vue subjectifs et documentés, il prend parti.

Le cinéma du réel, par-delà les figures des industries du divertissement, est une mémoire individuelle et collective, un projet de s’enraciner dans le passé, le présent et l’avenir ; il est un élément constitutif de nos identités, aspirations, indignations et utopies.

Ce cinéma du réel revendique une exigence de singularité, celle d’écritures inspirées, personnelles, radicales, expressions de positions assumées par un auteur à l’égard du monde et de ses spectateurs.

Les états du cinéma

Le territoire de ce cinéma du réel est au croisement de tous les genres. Celui-ci relie les archives, mixe fiction et documentaire, la voix « je » et le cinéma direct, et se joue des académismes. Il est ainsi le cinéma qui expérimente toutes les formes : de l’expérimental, de l’essai à la grande enquête, du récit fragmentaire à la narration classique, en passant par le journal intime. Les potentialités du webcinéma, du Cross-media ou du Crossover, dans leurs façons d’infléchir les modes de « raconter des histoires », sont prises en compte.

Les engagements du cinéma

Ce cinéma appelle à lui son spectateur autant qu’il va à sa rencontre ; il voit en lui un-e citoyen-ne, non un-e consommateur-trice ; il s’engage et demande qu’on s’engage : non pour militer ou assener des vérités, mais pour prendre position face à la complexité du monde, et ainsi, contre les discours et les certitudes.

Le cinéma et les arts visuels

Tout particulièrement au sein de la Haute école d’art et de design – Genève, différentes expressions de l’art contemporain sont valorisées, intégrées, évaluées. Les zones d’influence entre pratiques liées aux salles obscures, galeries et musées sont perméables. Aux gens issus de la culture du cinéma d’engager dialogues et rencontres, d’être prêts à des décentrements stimulants, des questionnements roboratifs, tout en gardant exigence et clairvoyance.

Le cinéma du goût

Le cinéma du réel a le goût des vérités subjectives, des fables qui fondent notre culture ; il distille cette impression de réalité indispensable à cette authenticité que nous appelons de nos vœux : il s’agit de pouvoir croire en les films, d’y prendre racine, d’y prendre du temps, du bon temps.

Un souci du monde

Relève du cinéma du réel toute démarche manifestant un souci du monde et de la réalité de la vie des hommes – réalité présente, passée ou à venir, documentée ou imaginée, contestée ou rêvée, critiquée ou admirée ; cette appellation fait l’impasse sur les films qui ne visent que le divertissement et l’évasion, qui éloignent le spectateur de l’irréductible complexité du monde, de ses violences affligeantes, indicibles, de ses beautés émouvantes. L’expression cinéma du réel ne désigne pas un genre ou une catégorie de films ; elle revendique au contraire une exigence de singularité, une éthique du regard qui fait vertu de la curiosité, de la découverte de paysages, de visages, d’histoires, dans le respect de leurs identités propres.

Cinéma du réel – romanciers du réel – images enracinées – le sens des images – la mémoire des images – les vérités du cinéma du réel – le goût de l’authentique – des nouvelles vagues des années 50 et 60 au cinéma du réel des années 2000.

publié le 27 août 2013

modifié le 13 novembre 2017