Des films du Département Cinéma au Tbilisi International Film Festival

Un programme de sept films d’étudiant-e-s du Département Cinéma sera montré lors de la 17ème édition du Tbilisi International Film Festival le 2 décembre 2016 à 19h00 au Frontline Club Georgia en présence de Jean Perret (responsable du Département Cinéma/cinéma du réel), Nino Kirtadze (réalisateur et superviseur du projet) et Aline Suter (assistante pédagogique) :

Les trois hirondelles de Jorge Cadena (17’)
Putain ! Les pauvres de Thomas Reichlin et Jules Carrin (9’’16’)
Jeu de garçon de Lou Dahlab et Hansaem Kim (6’’32’)
La guérison de Jemali de Laura Gabay (11’’49’)
D’autres pensent pour nous d’Antonin Ivanidze (14’’20’)
Those who are waiting de Sayaka Mizuno et Samy Pollet-Villard (16’’20’)
Silver Stone Staline de Robin Mognetti (23’’32’)

L’atelier de réalisation documentaire en Géorgie s’est inscrit dans le cadre du traditionnel Grand Voyage du Département Cinéma de la HEAD – Genève. Ce voyage permet aux étudiants de 2ème année de découvrir une région, une culture, un mode de vie d’un pays autre, étranger, dans lequel il s’agit de se perdre avant de trouver les repères nécessaires pour concevoir un film. Après la Thaïlande du Nord, Beyrouth, Bucarest, Nara, ce Grand Voyage les a conduit dans la campagne de Géorgie, dans un village - Kisiskhevi - et sa région. Il a été mené sous la conduite de la réalisatrice Nino Kirtadzé, assistée d’Elene Naveriani, diplômée de la HEAD Cinéma et lauréate du Prix d’excellence de la Fondation Hans Wilsdorf, et d’Aline Suter, assistante pédagogique au Département Cinéma de la HEAD et réalisatrice.

Les trois semaines d’atelier ont été rythmées par des repérages, de nombreuses rencontres, le développement d’un projet de films, sa réalisation et son montage sur place. Parfois seuls, parfois en binômes, les étudiants ont travaillé dans le cadre d’une production professionnalisante, avec une expérience qui consistait à occuper différents postes (réalisation, caméra, son, montage, un peu de mixage et d’étalonnage). Ils ont été assistés durant tout le processus par des jeunes traducteur/-ices venus de Tbilisi.

L’ancrage de l’Atelier dans le village et ses environs était essentiel. Il s’est clôturé le dernier soir par une projection publique des films à l’intention de la communauté locale et de toutes les personnes impliquées. La soirée a eu lieu dans la gigantesque salle de spectacles de Kisiskhevi, un lieu emblématique, témoin flamboyant de l’histoire récente de la Géorgie.

Les étudiants du Département Cinéma de la HEAD ont réalisé 11 films durant l’atelier. Chaque film est unique dans son sujet et sa forme. Il y a les portraits, celui de Mari, jeune fille qui revendique ses goûts pour des activités réservées aux hommes, de ce berger ukrainien qui a fui son service militaire dans des circonstances floues et qui a trouvé refuge dans les montagnes géorgiennes, d’Anzori, le chauffeur de taxi qui tous les jours attend les clients à côté du marché de Telavi. Chaque histoire révèle des aspects d’histoires à dimensions universelles. Le sacrifice d’un mouton interroge une pratique ancestrale. Le vol à répétition d’un buste de Staline réveille les positions politiques des habitants d’un village et met en lumière les clivages entre générations. Les conversations entre des hommes aux bains, chez le coiffeur ou à l’intérieur du foyer révèlent les failles de la société géorgienne. Et il y a cette légende tenace, l’enchainement de catastrophes, meurtres et adultères compris, qu’aurait provoqué le vol d’un taureau il y a bientôt un siècle. Le tragique côtoie le burlesque. Tous les films sont empreints du souffle de vie, de la générosité et de l’énergie des lieux et des personnes rencontrées. Pris dans son ensemble, ce corpus peut être vu comme une cartographie subjective de la Géorgie contemporaine.

Programme complet de la 17ème édition du Tbilisi International Film Festival

publié le 6 décembre 2016