Films 2016 / 2017

Le syndrome Fitzcarraldo de Laura Morales

Une sélection de courts métrages réalisés par les étudiant-e-s du Département Cinéma / cinéma du réel – HEAD Genève au cours de l’année académique 2016-2017.

Selected films directed by the students of the Film Department / cinéma du réel – HEAD Geneva School of Art and Design from 2016-2017.

Pour visionner les films, demander les accès à / To watch the films, please ask for the preview links here : cinema.head chez hesge.ch



Films Bachelor année 3 - Films de Diplôme :

Le syndrome Fitzcarraldo de Laura Morales (Switzerland, 2017, 30’)
Dans une Amazonie de faune et de flore enchanteurs, que parcourent des fleuves impassibles, la sagesse d’un chamane fait partie d’un récit tendu entre les esprits de la jungle et des Blancs abandonnés à des initiations pittoresques. Nostalgie d’un monde archaïque visité par le tourisme à roulettes.

Je fais où tu me dis de Marie de Maricourt (Switzerland, 2017, 17’)
Ambiance compassée d’une province morne, dans laquelle Sarah, jeune femme handicapée, s’émancipe. Ses désirs tout de sensualité et de séduction sont déflagrants, sa parfaite femme de compagnie et ses complices font le ménage. La beauté de visages et de corps rendus à une harmonie dionysiaque.

Keza Lyn de Philbert Aimé Mbabazi (Switzerland/Rwanda, 2017, 27’)
L’énigmatique Keza, tout à la fois solitaire et désirée, enregistre à leur insu les conversations des habitués d’un café du quartier multiethnique de Genève où elle est serveuse. Double du cinéaste, elle s’invente une vie faite de mille vies. Un microcosme en quête de nouvelles histoires à partager.

Le jour d’appel d’Antonin Ivanidze (Switzerland, 2017, 35’)
Deux jeunes recrues ont pris la clé des champs. Partis d’une communauté agricole biodynamique et de l’armée française, leur parcours est erratique au sein d’une campagne désertée. Une amitié éclot, une tentative complice de prendre pied dans la vie d’aujourd’hui. Le réalisateur et Charles Péguy interrogent cette jeunesse.

Klara de Valentin Merz (Switzerland, 2017, 35’)
Cette femme d’un temps ancien défie toute autorité et plusieurs récits entrecroisés ne parviendront à en comprendre les aventures. Même le juge ne saisit comment cette sorcière a pris les vêtements de nonne ! Et le réalisateur de créer des scènes d’action et de comédie comme un leporello. Un film essai aux mille saveurs.

Klara de Valentin Merz

Klara de Valentin Merz



















Mi Amado, Las Montañas (Mon bien-aimé, les montagnes) de Alberto Martin Menacho (Switzerland/Spain, 2017, 24’)
Un village et ses terres montagneuses pour décor de rites d’hier et d’aujourd’hui. Apprentissage de la chasse, procession religieuse, des vautours affairés, les étapes d’une méditation dans les temps morts et pleins qui font une vie. Personnage énigmatique et solitaire, la jeune femme et son âne quittent ce territoire. Début d’une grande randonnée.

Premier amour de Jules Carrin (Switzerland, 2017, 21’)
Ce jeune couple sait confusément que l’amour qui les lie peut être leur façon de s’émanciper des rancœurs tenaces, des méfiances propres à cette région reculée de la France stigmatisée par une économie de survie. Mais les liens sociaux que les adultes façonnent sont d’une violence insoupçonnée.

Va ! de Alexander Larson (Switzerland, 2017, 16’)
Quel métier que celui d’entraîneur de football pour juniors ! C’est une affaire d’engagement qui à force de volonté et de discipline permet de faire éclore de possibles talents. On fait la connaissance de quelques joueurs, et c’est progressivement le personnage du jeune entraîneur qui s’impose, fragile et résolu.

La lumière des autres de Iris Petit (Switzerland/Thailand, 2017, 19’)
Jeu de voix pour déambulations le long de l’eau, dont les vagues inspirées par Virginia Woolf scandent une méditation solitaire. Un personnage féminin est un possible guide, des jeunes filles, des femmes s’abandonnent à des exercices du corps et de l’esprit : ailleurs, en Thaïlande, un essai de renaître à soi-même.

Les histoires vraies de Lucien Monot (Switzerland, 2017, 22’)
Ce père fut-il pour de vrai professeur, juge, politicien et architecte ? En tous les cas, le personnage mis en scène existe pour de bon à l’écran, dans les mises en scènes voulues par son fils. Tentative pudique de cerner un homme avec quelque insistance, condition pour que la fiction du réel prenne corps.

6129 m² de Julie Bellard (Switzerland, 2017, 25’)
C’est l’histoire d’une maison faite de mille autres maisons, dans lesquelles le père de la réalisatrice ne vivra jamais, sinon dans son imagination. La rencontre complice entre artisans de films et de maisons, récit de leurs désirs d’espaces à construire, avec des cabanes dans les arbres, refuges à la cime des rêves.

Imfura de Samuel Ishimwe (Switzerland/Rwanda, 2017, 36’)
Comment prendre la mesure des enjeux liées à la maison en ruine d’une famille victime du génocide rwandais ? Un jeune homme revient dans le village natal de sa mère disparue. Il cherche à faire sienne une mémoire collective meurtrie. Des chants psalmodiés sont autant de voix d’une possible réconciliation.

Le fond de la terre de Yan Sterckx

Le fond de la terre de Yan Sterckx



















Films Bachelor année 2 :

Jeanne, Pauline et le lac de Federico Reichel (Switzerland, 2017, 15’)
Ce beau jeune homme émerge des flots du lac pour être accueilli par Jeanne et Pauline esseulées sur la plage. Le repas ensuite en une villa de tous les conforts, des conversations intimes et une nuit de tendresse partagée rassérène ce petit monde. Le souvenir de la violence d’un récent cambriolage s’estompe.

Un geste d’amour de Maya Corboud (Switzerland, 2017, 11’)
Une voix appliquée à décrire la topographie d’un site archéologique et les gestes précautionneux de chercheurs sont mobilisés pour faire rendre aux ruines la mémoire des hommes, de leurs volontés démiurgiques à dresser vers le ciel des menhirs. Un essai de conte dont les pierres sont des corps chargées de désir insoupçonnés.

Madeleine après trente de Justine Fabre (Switzerland, 2017, 12’)
A six ans, Madeleine compte jusqu’à trente dans la pénombre de sa chambre dans laquelle pénètrent assourdis les éclats de voix d’adultes en conflit. Sur une plage, au rythme incessant des vagues, elle écoute la voix d’un coquillage. Solitaire, elle s’invente un cheminement d’émancipation.

Le fond de la terre de Yan Sterckx (Switzerland/Cuba, 2017, 14’)
Le 25 novembre 2016, à 22h29, est décédé le commandant en chef de la révolution cubaine, Fidel Castro. Le lendemain matin, dans la campagne non loin de la Havane, les paysans se lèvent pour déterrer les carottes du fond de la terre.

El actor cubano (The Cuban Actor) de Salah El Amri (Switzerland/Cuba, 2016, 10’)
Le huis clos réunit le réalisateur et le célèbre acteur cubain, Mario Guerra. Celui-ci invective le réalisateur, refuse de travailler avec lui, se confie à lui, narre des anecdotes de tournage. Agressif et séducteur. Jeux de rôles, frontières poreuses entre la fiction et la réalité des échanges pour un double portrait, en relief et en creux.

Mourir ici de Raphaël Holzer (Switzerland/Cuba, 2017, 10’)
Il faut cette distance considérable entre la grande île des Caraïbes et la Suisse pour que le réalisateur prenne pied à Cuba afin de s’adresser à son père. La mort rôde, le père est malade. Les mots de cette lettre en images sont violents, la réconciliation impossible. Dernières images : le convoi funéraire de Fidel !

Hypoténuse de Delphine Mouly

Hypoténuse de Delphine Mouly



















Films Bachelor année 1 :
Films réalisés dans le cadre d’un atelier à Clichy-sous-Bois avec les ateliers Medicis. L’atelier visait à produire des films-essais, dessinant une cartographie de Clichy-sous-Bois et Montfermeil loin du sensationnel et des clichés médiatiques. Banalité, vie quotidienne, il s’agit de représenter ce territoire par le biais d’une rencontre avec un lieu de vie et un/des habitants.

Hypoténuse de Delphine Mouly (Switzerland/France, 2017, 9’)
Exceptionnel récit tenu par ce jeune noir établi dans la cité dès l’enfance. Il fut témoin de la dégradation de ce village, puis des violences, dont il explique les origines. C’est toute une mémoire qui s’élabore avec cet homme que le film érige en un incontournable personnage.

Quand les étoiles s’endorment de Maxence Febvay (Switzerland/France, 2017, 11’)
Essai fait de documents inattendus et d’images inspirées du réalisateur, qui les assemble pour évoquer l’histoire enfouie des recherches menées entre 1955 et 1997 par le Commissariat à l’énergie atomique. Territoire hanté et contaminé aux abords de la Cité assoupie.

Au Babylone de Erika Nieva Da Cunha (Switzerland, 2017, 9’)
Dans ce bar-là, un dessinateur s’échine à trouver avec la réalisatrice sa place parmi les habitués, des hommes essentiellement, jusqu’à cette femme au service, dont la présence est lumineuse. Le film commence en action fracassante et s’achève dans la nuit, comme chaque jour.

Animalement Vôtre de Arthur Miserez (Switzerland, 2017, 3’) - réalisé dans le cadre de l’atelier Bolex
Une chasseresse de pacotille se risque dans une forêt pour y abattre un cerf. Sa rencontre avec le bel animal ruine toute velléité de commettre l’irréparable. L’animal se prête à tous les câlins.

Zakyia - Portrait of a Palestinian Woman de Noémie Ruben (Switzerland, 2016, 3’) - réalisé dans le cadre de l’atelier d’archives avec le CICR
Un fantôme de femme, une statue de solitude au sortir de la nuit, son parcours en quelques images noir et blanc, alors qu’elle rend visite à son mari en prison. Cycles de peurs et d’humiliations. Des mots à l’écran lui donnent voix. Un battement est audible, une patience tendue, insurrectionnelle peut-être.