Histoire et esthétique du cinéma : cours et séminaires de Bertrand Bacqué au semestre de printemps 2014

Image du film "Dans la chambre de Vanda" de Pedro Costa

Jacques Rancière : le cinéma entre esthétique et politique

Pour faire suite aux cours sur L’image-temps de Gilles Deleuze et sur la Philosophie des salles obscures de Stanley Cavell, nous nous attardons ce semestre sur les principaux textes que Jacques Rancière a consacrés au cinéma, « cette fable contrariée », en partant de sa réflexion sur les régimes de l’art — éthique, poétique et esthétique — et de leurs liens avec la politique, telle que précisée dans Le partage du sensible. Nous analysons ainsi avec attention les textes qu’il a écrits sur Serge Eisenstein, Fritz Lang, Anthony Mann, Nicholas Ray, Roberto Rossellini, Robert Bresson, Chris Marker, Jean-Luc Godard, Pedro Costa ou Béla Tarr, publiés, entre autres, dans La fable cinématographique, Le destin des images ou Les écarts du cinéma, en les mettant en dialogue avec les œuvres commentées. Nous verrons alors comment l’usage du montage ou des corps, de la littérature ou de la peinture, contrarie la pente naturellement aristotélicienne du cinéma. Chaque texte est présenté par un-e ou deux étudiant-e-s.

La poétique des auteurs, de Jean Rouch à Jia Zhangke

Dans ce cours destiné aux étudiant-e-s en première année de cinéma, mais ouvert aux étudiant-e-s d’Arts Visuels et de Design de la HEAD – Genève, nous parcourons les grands auteurs, depuis la seconde moitié du XXe siècle jusqu’au cinéma le plus contemporain. Nous envisageons ainsi les fleurons de la seconde modernité de Jean Rouch à Michelangelo Antonioni, en passant par Ingmar Bergman, l’émergence de la nouvelle vague avec Jean-Luc Godard, mais aussi du nouvel Hollywood avec John Cassavetes, du nouveau cinéma suisse avec Alain Tanner, ainsi que l’avènement du « world cinema » avec Abbas Kiarostami, Hou Hsiao-hsien ou Jia Zhangke. À chaque fois, il s’agit de préciser la manière dont se met en place une écriture cinématographique s’affranchissant des codes esthétiques dominants. Chemin faisant, nous évoquons aussi les données techniques, économiques et historiques qui influencent la création individuelle. Chaque cours est l’occasion de la lecture de textes d’anthologie et d’analyses de séquences, suivi par la projection d’un long métrage de l’auteur étudié.

Montage, mon beau souci

Dans ce séminaire donné avec Serge Margel, et exclusivement destiné aux étudiant-e-s de deuxième année en vue de la préparation à la rédaction de l’Essai Bachelor, nous lisons avec attention des textes consacrés au montage, après avoir étudié, les années précédentes, des textes sur l’image, l’utopie et l’anthropologie. Ayant parcouru des textes de cinéastes fondamentaux – Eisenstein, Koulechov, Poudovkine et Vertov, mais aussi Gance et Epstein, Godard, Pasolini, Tarkovski ou Pelechian – nous analysons au second semestre des textes de critiques – Bazin, Daney – ou de philosophes – Deleuze, Rancière et Didi-Huberman… où l’acte de lecture partagée devient le lieu d’une réflexion sur l’un des gestes les plus fondamentaux du cinéma et, partant, de la création au XXe siècle. Ce séminaire est aussi l’occasion de dédramatiser la lecture de textes dits difficiles, en vue de donner aux étudiant-e-s la capacité de les aborder avec profit pour leurs recherches personnelles.

publié le 15 avril 2014

modifié le 14 avril 2016