"Août, avant l’explosion" (2001) de Avi Mograbi

Histoire et esthétique du cinéma

Cours et séminaires de Bertrand Bacqué au semestre d’automne 2014

LE CINEMA DU REEL, ENTRE DOCUMENTAIRE ET FICTION…
Dans ce cours-séminaire consacré au cinéma du réel, nous aimerions interroger les frontières – quand bien même indiscernables – entre documentaire et fiction. En insistant plus particulièrement sur la narration, le tournage et le montage, nous analyserons en détail une œuvre clé par séance, qu’elle soit signée par de grands ancêtres (Flaherty, Vertov) ou par des cinéastes contemporains (Mograbi, Panh), en passant par des modernes (Van der Keuken, Kramer). Du mode poétique au mode performatif, en passant par le mode d’observation ou de participation, nous égrainerons les grands moments du cinéma du réel (réalisme poétique, néoréalisme, cinéma direct…) qui ont fécondé l’histoire du cinéma.

LA POETIQUE DES AUTEURS
Afin de renouveler l’approche de l’histoire du cinéma, nous nous proposons de présenter un cinéaste par cours, façon de traverser les grands courants et les grandes cinématographies nationales d’une manière différente. De Griffith à Rossellini, il s’agira à chaque fois d’envisager la genèse d’une écriture cinématographique et de voir comment une forme fait sens dans telle ou telle œuvre, tout en s’affranchissant des codes esthétiques dominants. Nous analyserons des séquences clés de leurs principaux films sans oublier d’évoquer les dimensions historiques, techniques et économiques qui les ont vu naître. Le cours sera suivi par la projection d’un long métrage du cinéaste évoqué.

MONTAGE, MON BEAU SOUCI
Dans ce séminaire exclusivement destiné aux étudiant-e-s de deuxième année, nous lirons avec attention des textes consacrés au montage, après avoir étudié, les années précédentes, des textes sur l’image, l’utopie et l’anthropologie. Ayant parcouru des textes de cinéastes fondamentaux – Eisenstein, Koulechov, Poudovkine et Vertov, mais aussi Gance, Epstein, Godard, Tarkovski ou Pelechian – nous analysons au second semestre des textes de critiques – Bazin, Daney – ou de philosophes – Deleuze, Rancière et Didi-Huberman… où l’acte de lecture partagée devient le lieu d’une réflexion sur l’un des gestes les plus fondamentaux du cinéma et, partant, de la création au XXe siècle.

ROBERT BRESSON, UNE POETIQUE DE L’IMAGE
Logique de la fragmentation, sciences des rythmes, dialectique du concret et de l’abstrait, « modèles » et non acteurs, « cinématographe » et non cinéma, le moins que l’on puisse dire, c’est que Robert Bresson (1901-1999) a développé une éthique et une esthétique à nulle autre pareille, au court des quatre décennies qui verront la création de chefs d’œuvres tels que Pickpocket (1959), Au hasard Balthazar (1966), Lancelot du Lac (1974) ou L’Argent (1983). Dans ce cours-séminaire, nous étudierons l’évolution de son œuvre filmique, tout en parcourant ses Notes sur le cinématographe (1975) et ses entretiens publiés récemment dans Bresson par Bresson, aux éditions Flammarion.

Robert Bresson sur le tournage de "Au hasard Balthazar" (1966)

Robert Bresson sur le tournage de "Au hasard Balthazar" (1966)