Chris Marker, "Sans soleil", 1983

Cours Histoire et esthétique du cinéma - Bertrand Bacqué

Semestre d’automne 2015, GD, salle de projection

La poétique des auteurs
Afin de renouveler l’approche de l’histoire du cinéma, nous nous proposons de présenter un cinéaste par cours, façon de traverser les grands courants et les grandes cinématographies nationales d’une manière différente. De Griffith à Rossellini, il s’agira à chaque fois d’envisager la genèse d’une écriture cinématographique et de voir comment une forme fait sens dans telle ou telle œuvre, tout en s’affranchissant des codes esthétiques dominants. Nous analyserons des séquences clés de leurs principaux films sans oublier d’évoquer les dimensions historiques, techniques et économiques qui les ont vu naître. Le cours sera suivi par la projection d’un long métrage du cinéaste évoqué. La présentation de ce film sera assurée par un-e étudiant-e.

Chris Marker, un cinéaste à l’essai
Après un semestre sur l’essai, nous poursuivons la réflexion sur cette « forme qui pense » au travers de l’œuvre emblématique de Chris Marker. Né Christian Bouche-Villeneuve en 1921 et mort en 2012, Chris Marker a exploré toutes les formes de création du XXe siècle : écriture, photographie, cinéma, télévision, vidéo, multimédia… Témoin exemplaire, voyageur infatigable, il a accompagné les révolutions de son temps en acteur engagé mais critique. Commentateur et monteur hors pair, il a fait de ses films la chronique lucide du temps présent à l’usage du spectateur de demain. Nous explorerons ensemble son œuvre, de ses débuts avec Resnais (Les Statues meurent aussi, Toute la mémoire du monde…), aux œuvres somme (Le fond de l’air est rouge ou Sans Soleil), en passant par le cinéma-vérité de Joli mai ou le multimédia de Immemory. Chaque film sera présenté par un-e étudiant-e.

Michelangelo Antonioni, une poétique de l’image
C’est un fait désormais bien connu, l’art contemporain emprunte énormément au cinéma. Mais qu’en est-il du mouvement inverse ? Chantre de la modernité cinématographique dès la fin des années cinquante, Michelangelo Antonioni (1912-2007) était un familier de l’art moderne et les références à la peinture contemporaine abondent dans ses œuvres. Dans ce cours-séminaire, nous aborderons l’ensemble de son œuvre, la façon dont elle a révolutionné le cinéma et dont elle dialogue avec les autres arts. Antonioni croyait indéfectiblement à la supériorité de l’image sur le récit, et nous vérifierons, dans chacun de ses films, la validité de cette hypothèse. Des documentaires du début (Gente del Po, N.U.) aux flamboyantes années septante (Zabriskie Point, Professione : reporter) en passant par la trilogie de la modernité (L’Avventura, La Notte, L’Eclisse), chaque film sera présenté par un-e étudiant-e.