Koji Yamamura, un cinéaste japonais

Comment penser le cinéma d’animation dans le cadre d’une approche générale du cinéma, comment ne pas se calfeutrer dans le domaine circonscrit d’un genre en gardant l’esprit ouvert aux quatre vents du cinéma ? Koji Yamamura, au cours de cette journée du 3 octobre 2014 organisée par le Festival Animatou en collaboration avec le Département Cinéma/cinéma du réel de la HEAD – Genève, commenta en détail ses propres films, en autres Aquatic (1987, 5’20’’), Mt. Held (2002, 10’) et Begon Bell Care (2014, 3’40’’ – à voir en libre accès sur Viméo). Ce dernier film jazzé et dessiné, peint à même la pellicule est un hommage virtuose au grand maître Norman Mc Laren. Furent aussi rappelé à notre mémoire Alexandre Alexeïeff et Jacques Drouin et leurs mille épingles !
Koji Yamamura sortit ainsi de son ordinateur des extraits de films d’autres cinéastes, jusqu’à Playtime de Jacques Tati. Le dialogue alimenta des échanges quant aux liens, aux zones de rencontres, d’hybridations possibles entre prises de vues directes et animée. Avec Ilan Nyguen, professeur de cinéma d’animation à l’Université d’Osaka, les réflexions prirent en compte des visions plastiques, esthétiques et poétiques aux accents parfois d’angoisses et de solitude. Un cinéma ouvert sur le monde, ses interrogations métaphysiques et ses histoires les plus improbables et néanmoins vraisemblables. « Il en va de la membrane entre moi et le monde… » au travers d’une création faite de maîtrise, de contrôle et tout à la fois d’improvisation.

publié le 26 novembre 2014

modifié le 14 avril 2016