Le Kasseler Dokfest au cœur du cinéma documentaire contemporain

La 29ème édition du Kasseler Dokfest s’est déroulée du 13 au 18 novembre 2012

La HEAD - Genève à Kassel

Le festival international de documentaire et d’art vidéo de Kassel présente chaque année des oeuvres documentaires dans toutes leurs variations, de la salle de projection à l’installation. Pour sa 29ème édition qui s’est tenue du 13 au 18 novembre 2012, le Kasseler Dokfest a invité l’option information fiction et le Département Cinéma/cinéma du réel de la HEAD – Genève à présenter une sélection de films et de vidéos réalisés par leurs étudiant-e-s. Frank Westermeyer, responsable de l’option information fiction, et Maëlle Camus, du Département Cinéma, ont introduit le samedi 17 novembre 2012 un programme de projections en présence de Pauline Cazorla et Mélanie Badoud. Accueilli-e-s par une audience critique et attentive, les étudiant-e-s présent-e-s ont nourri un échange animé avec le public durant cette après-midi de rencontres.

A l’affiche de cet événement, neufs films ont été projetés :

Avec l’accord des hommes de Gabriel Dutrait (Département Cinéma, 2011, 8’, VO sans dialogue)

Emmanuel U de Pauline Cazorla (Information fiction, 2012, 4’, VOST anglais)

Hors d’atteinte de Mirjam Landolt (Département Cinéma, 2011, 4’, VO sans dialogue)

Les Jolies Filles ne pleurent plus de Gabriel Gonzalez (Département Cinéma, 2011, 25’, VOST anglais)

Ma hood de Chloé Malcotti (Information fiction, 2012, 20’, VOST anglais)

Musica in pillole de Morena Henke (Département Cinéma, 2011, 7’, VOST anglais)

Paintball Paradies de Janis Schroeder (Information fiction, 2011, 8’, VOST allemand)

Simples de Ophélie Couture (Département Cinéma, 2011, 5’, VOST anglais)

Y de Mélanie Badoud Schweiz (Information fiction, 2011, 7’, VOST anglais)

Kassel, un évènement

Pour cette édition 2012, les organisateurs ont défendu une ligne exigeante. Les projections qui se sont déroulées dans une dizaine de lieux de la ville ont rassemblé performances audiovisuelles, expositions entre black box et white cube, symposium sur « L’amnésie de l’archive » et workshops dans les écoles municipales sollicitant ainsi plusieurs pôles culturels de la ville. De quoi ouvrir la réflexion et mettre l’esprit en mouvement.
Le Dokfest déploie des films d’une diversité large, de l’expérimental issu de la scène allemande à la narration classique comme le film Camp 14 – Total control Zone de Marc Wiese, en sélection à la semaine de la critique de Locarno.
Cette programmation intègre également trois espaces pour le film et la vidéo d’installation qui requièrent des dispositifs de monstration au-delà du classique écran de cinéma. Cette année, 17 artistes dont Clarisse Anne avec Our body is a weapon y ont été rassemblés. Mais par-delà les dispositifs, il semble qu’une tendance forte se dégage. Ce festival aime les œuvres dont l’écriture travaille entre témoignage et imagination, où l’on hésite entre fiction et réel. On songe alors au film de Kaja Leijon Wastelan ou d’Audrey Ginestet Spring yes yes yes pour un cinéma à la première personne. Ou au dernier film de Rosa Barba Somnium pour une rencontre entre cinéma et arts visuels sur la puissance d’évocation du paysage (un documentaire « science-fiction » en compétition aux Rencontres internationales Paris/Berlin/Madrid). Ou encore au très beau The Waves de Sarah Vanagt et Katrien Vermeire, sur les traces à ciel ouvert de la guerre civile espagnole, où le passé visite le présent à travers l’image.
Ce mélange des genres donne à voir des films riches, multiples, en prise avec le monde contemporain qui ouvre le champ à un cinéma documentaire résolument libre.
Et c’est bien ce qui nous tient à cœur, des approches documentaires au croisement de pratiques plurielles qui bousculent la réflexion et ouvrent de nouvelles perspectives.
C’est ce qui s’est joué à Kassel cette année, loin de toute célébration, le public rassemblé à l’abri du froid, autour d’un bortsch, s’est réuni pendant ces quelques journées devant ces multiples écrans documentaires. Rancière y aurait vu l’espoir d’une « Proto-agora » loin des grandes messes ; nous, nous y avons vu de bien belles choses.

Maëlle Camus, assistante de recherche du Département Cinéma

Plus d’infos sur le programme du Kasseler Dokfest à l’adresse www.kasselerdokfest.de

publié le 12 décembre 2012