"Man Hastam (J’existe)" de l’étudiante Tara Parsa remporte le Prix du meilleur film suisse de la section Premiers Pas au Festival Visions du Réel

  • vendredi 27 avril 2012
    Cérémonie de clôture du Festival Visions du Réel

Coproduit par l’option art/action et le Département Cinéma/cinéma du réel de la Head – Genève, le court métrage Man Hastam (J’existe) de l’étudiante iranienne Tara Parsa a été récompensé vendredi soir, lors de la cérémonie de clôture du Festival Visions du Réel, par le Prix de postproduction – C-Side pour le meilleur film suisse de la section Premiers Pas. Ce Prix d’une valeur de CHF 5000.- a été décerné par le Jury du Jeune Public composé de Margaux Clivaz, Noélie Lecoanet, Thomas Perez, Alicia Pugin et Élodie Spack, étudiant-e-s du Gymnase de Nyon.

Armée d’un magnétophone et d’un appareil photo, la jeune cinéaste parcourt les couloirs de l’Université d’Art de Téhéran et aborde enseignants, étudiants et artistes en leur posant des questions sur leur mode de vie et leur manière d’appréhender les pressions exercées par le régime iranien.
Le film fait l’objet d’un dispositif formel des plus singuliers. L’écran est séparé en deux : d’un côté, un carton noir sur lequel s’imprime la traduction des dialogues que Tara Parsa entretient avec les passants ; de l’autre, une image fixe, un portrait des protagonistes, quand ceux-ci acceptent d’être photographiés, ou un plan noir, quand ceux-ci refusent. L’action du film se déroule donc hors-champ et une tension forte se crée entre les débats animés que mène la réalisatrice sur le thème de l’identité et la fixité de l’image ou l’absence d’image qui les accompagne. C’est ce dispositif formel, thématisant les contraintes et censures que subit la population iranienne, qui a particulièrement séduit le Jury du Jeune Public :
Dans une société où l’autocensure est quotidienne, la puissance de Man Hastam de Tara Parsa émane d’un choix formel où les plans noirs et les non-dits sont aussi poignants et explicites que les témoignages enregistrés. Tout comme les Iraniens, ne pouvant pas se montrer pour ce qu’ils sont, le film lui-même est légitimé par cette contrainte et ne peut pas exister autrement que sous cette forme.

Après avoir suivi une formation dans le domaine de la performance au sein de l’option art/action de la Head – Genève, Tara Parsa poursuit actuellement ses études au Département Cinéma/cinéma du réel. Ses « premiers pas » cinématographiques sont déjà une promesse affirmée de cinéma.

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publié le 30 avril 2012