Semaine inaugurale - Le cinéma révolutionnaire de Tariq Teguia

Mercredi 16 et jeudi 17 septembre 2015

Un journaliste algérien, à la recherche des fantômes d’esclaves révolutionnaires du VIIIe siècle, sillonne un monde arabe hanté par les échecs du passé et traversé de désirs invisibles. Troisième « fiction cartographique » de Tariq Teguia, Révolution Zendj réinvente le cinéma politique moderne au stade terminal de la mondialisation et de l’interconnexion des espaces. Dans ses récits diffractés, dans la texture topographique de ses plans, Teguia cherche à rendre sensible les forces révolutionnaires, les restes ou embryons de luttes contre l’ordre capitaliste et sa puissance d’homogénéisation du monde. Tariq Teguia, c’est aussi une vie entièrement vouée au cinéma, le choix de méthodes d’écriture, de production et de réalisation émancipées des habitudes de la profession et du « milieu ». C’est donc à la marge, par la radicalité d’une vie vouée à son art, que ce cinéaste recharge le cinéma comme puissance de déchiffrement du monde et d’émancipation du spectateur. Après avoir vu Révolution Zendj, c’est de tout cela que nous avons parlé avec Tariq Teguia, étudiants, enseignants, toute l’équipe du département cinéma réunie pour une journée qui aura marqué les esprits.
Cyril Neyrat

publié le 24 septembre 2015

modifié le 14 avril 2016