Visions du Réel – Festival de Nyon 2018

La HEAD – Genève et le Département Cinéma, partenaires de Visions du Réel

La HEAD-Genève et le Département Cinéma/cinéma du Réel à Visions du Réel 2018.

Los Fantasmas del Caribe de Felipe Monroy (Compétition Internationale Longs Métrages)
Réalisateur colombien installé à Genève et diplômé du Département Cinéma/cinéma du réel, Felipe Monroy présente son dernier long métrage en première mondiale à Visions du Réel. Le cinéaste poursuit avec ce nouveau film son travail sur la mémoire de son pays. De retour à Bogotá après de longues années d’absence, il entreprend de revisiter le passé de sa famille, empreint d’une violence qui fait écho à celle d’une nation toute entière. Ainsi, tandis que le processus de paix alors engagé entre les FARC et le gouvernement est peut-être sur le point de tourner la page de plus de 50 années de guerre, le réalisateur entame son propre effort de réconciliation, dont le film est à la fois l’instrument et le résultat. Que faire des blessures mal refermées ? Et quelle place le cinéma peut-il prendre dans cet exercice périlleux qu’est le pardon ? C’est tout à la fois en tant que fils, frère, colombien et cinéaste que Felipe Monroy s’attaque à ces questions et c’est là la beauté du film, qui parvient à regarder droit dans les yeux les fantômes du passé, faisant siens les sentiments contradictoires qu’il suscite chez son auteur et nous invite à partager.

Quelle émotion, cher Felipe, intelligence du cœur et des gestes cinématographiques. Paradoxal bonheur des larmes et des rires. Paradoxale souffrance des paroles et des silences. Dans ce film, par ce film, tu es – vous êtes à vous-mêmes, à nous-mêmes. Une espèce de communauté dont tu inventes le territoire de conscience et de lucide poésie. Point de réconciliation et pourtant ! Le dernier plan nous fait définitivement entrer sur la scène de cette fiction documentée au cœur de ta vie, de celle de ta famille, et sans emphase ni pathétisme dans l’existence de tout un pays, qui sait toujours danser.
Jean Perret

Di 15 Avril 13:45
GRANDE SALLE (SALLE COMMUNALE)
Projection suivie d’un débat

Lu 16 Avril 12:00
CAPITOLE LEONE

Madeleine après trente de Justine Fabre (Opening Scenes)
Madeleine, six ans, compte jusqu’à trente dans sa chambre, tandis que lui parviennent les éclats de voix d’adultes en conflit. Pour s’échapper, la fillette se promène sur une plage, écoute un coquillage, erre comme une funambule le long d’un fil invisible, au bord de l’immensité. Justine Fabre saisit avec une rare pudeur son héroïne solitaire, qui s’invente un monde vivable quand le sien s’écroule.
Justine Fabre, étudiante en 3ème année Bachelor Cinema, présente ce court métrage en première mondiale à Visions du Réel, dans la section Opening Scenes.

Lu 16 Avril 14:00
USINE À GAZ
Projection suivie d’un débat

Ma 17 Avril 20:45
CAPITOLE FELLINI

La séparation des traces de Francis Resser (Compétition Nationale)
Francis Reusser est un photographe et cinéaste qui a une longue carrière derrière lui. Avec ce film, le réalisateur suisse revisite les lieux de sa mémoire intime (les paysages alpins de son enfance, les rues des villes où il a tourné certains de ses films) ainsi que ceux de sa mémoire cinéphilique. Dans cet énorme travail de reconstruction qui prend la forme d’un journal filmé, la séparation des traces entre sa vie et son travail devient impossible. Après autant de films réalisés, regardés, aimés, est-il possible de faire autrement ?
Reusser, muni ici d’une toute petite caméra vidéo, joue le double jeu de celui qui regarde et celui qui est regardé, et réussit à se raconter avec humour et intelligence sans jamais tomber dans l’amertume. Son récit, teinté par la nostalgie de celui qui est persuadé d’avoir connu une époque meilleure pour le cinéma, et aussi porté par la force de celui qui continue à faire des films malgré les contraintes économiques. Une lettre d’amour au cinéma du passé, pleine d’espoir en l’avenir. Un vrai chant de résistance.

Il fut parmi les premiers enseignants du Département Cinéma de la HEAD (à l’époque l’ESAV). Son dernier film, La séparation des traces, fut présenté samedi soir dans le cadre de la soirée RTS à Visons du Réel. Cet essai au meilleur sens de ce terme si cher au Département Cinéma, ceci fut rappelé par le cinéaste avec élégance dans la salle comble – Francis Reusser tira ce fil de toutes les couleurs, qui lie le présent du nos engagements avec une histoire riche et toujours en devenir de ce cinéma ancré dans des aventures personnelles, qui inventent des écritures, des voix, des récits singuliers, radicaux. Un cinéma qui s’essaie au monde. Ce film de Francis Reusser, réalisé en complicité avec son fils Jean, est une méditation parcourant toute cette création cinématographique des années 70 à aujourd’hui, qui s’échina à parler de nos rêves, utopies et contestations avec des figures, des visages, des mots et de l’écriture, pour répondre à cette question lancinante, le cinéma peut-il changer nos vies, sinon le monde ? La séparation des traces pour métaphore des émancipations nécessaires, qui sont autant de fidélités à la vie qui fait son œuvre, au temps qui patine les voix et les regards. Un film de pensées en action à découvrir, à redécouvrir et d’aucune façon à oublier.
Jean Perret

Sa 14 Avril 19:30
THÉÂTRE DE MARENS
Projection suivie d’un débat

Di 15 Avril 12:00
GRANDE SALLE (SALLE COMMUNALE)

À l’origine de Filippo Filliger (Compétition Nationale)
« Quand j’arriverai à Paris, elle sera en vie. Il ne peut pas en être autrement, cela ne se peut pas. Elle n’a pas le droit de mourir. Plus tard, peut-être, quand nous le lui permettrons » : en 1974, Werner Herzog, apprenant sa maladie, se rendait auprès de Lotte Eisner – grande historienne du cinéma allemand – à pied, en traversant une Europe enneigée entre Munich à Paris. Expérience fondatrice dont il tirera un livre, Sur le chemin des glaces. Filippo Filliger, ancien assistant pédagogique au Département Cinéma retrouve ce geste dans A l’origine, cette fois avec une caméra, en marchant entre Genève et Locarno vers sa mère, atteinte d’un cancer, à travers un paysage qu’il a toujours vu défiler derrière une vitre de train ou de voiture, mais « jamais vécu ». C’est dans le ventre de la montagne, séquence inaugurale du film, qu’il prend la décision de péleriner pour retarder l’issue fatale de la maladie et laisser surgir un sentiment de tristesse qui lui permettra de laisser partir sereinement l’être aimé. En chemin, le temps ralenti provoque rencontres, dialogues impromptus, fulgurances visuelles : comme une jouvence de l’attention portée à la moindre des choses.

Ma 17 Avril 12:00
CAPITOLE LEONE
Projection suivie d’un débat

Me 18 Avril 10:00
GRANDE SALLE (SALLE COMMUNALE)

A Bright Light - Karen and the Process d’Emmanuelle Antille (Burning Lights)
Karen Dalton est une figure majeure et pourtant méconnue de la musique folk américaine. Auréolée d’un bref succès dans la scène du Greenwich Village new-yorkais, elle était alors portée aux nues par des musiciens tel que Bob Dylan. Mais Dalton n’était pas faite pour les conventions de l’industrie : musicienne prodigieuse, elle était surtout une femme libre qui a choisi de vivre dans les marges. Elle a connu la tristesse profonde, le chagrin d’amour, la solitude, et sa voix brisée reflète cette douleur dans une musique déchirante.
Entre journal intime et biopic, Emmanuelle Antille, enseignante à la HEAD-Genève au Département Arts Visuels, entreprend un long voyage, à travers les Etats-Unis, sur les traces de cette star maudite, pour mieux questionner son propre processus créatif. Où se situe la frontière qui sépare la création de la vie intime ? Pour la réalisatrice qui explore la limite entre le réel et l’onirique, Dalton prend ici les contours d’une apparition fantomatique. A Bright Light - Karen and the Process est peut-être plus une histoire de doubles qu’un film sur la vie d’une autre. Ici, le cinéma devient un dialogue possible avec soi-même. Une faible lumière. Un éclat.

Di 15 Avril 18:30
CAPITOLE LEONE
Projection suivie d’un débat

Lu 16 Avril 16:30
USINE À GAZ

Le NEW HEAD AWARD Postproduction
Cette distinction est remise par le Jury du Département Cinéma à un projet de film présenté dans le cadre du Doc Outlook International Market. Proclamation des résultats sous les couleurs de la HEAD.
Recherché et soutenu un projet de film au budget modeste et à l’ambition affirmée - toutes les facilités d’étalonnage et mixage dans des conditions professionnelles – une occasion précieuse pour les étudiants de côtoyer des professionnels dans les murs du Département pour des échanges à haute teneur pédagogique.

MAGIC HOUR
La HEAD & Visions du Réel accueillent et invitent les participants, dimanche 15 avril dès 18h30, à prendre un verre des amitiés et collaborations à venir. Des réseaux à créer, à entretenir, des films de demain à développer au-delà des frontières connues.
Di 15 au Je 19 Avril - 18:30-19:30
Village du Réel - The Factory

publié le 10 avril 2018

modifié le 17 avril 2018