Voyage au Karabagh - Atelier de réalisation avec Pierre-Yves Vandeweerd

Les éternels, Pierre-Yves Vandeweerd

En conclusion du parcours de formation BA de première Année, le séjour au Haut-Karabagh, prévu du 26 avril au 18 mai, est envisagé comme une importante étape permettant de travailler sur un territoire autre et complémentaire de ceux de la Genève multiculturelle saisie dans son univers sonore, des archives CICR, de la fiction aux multiples écrans et de tournages en 16mm appelant un souci tout particulier du cadre et du plan. Le Département Cinéma accueille des cinéastes qui ouvrent aux étudiants des espaces décalés, étranges par rapport à leurs environnements habituels ; c’est le privilège de collaborations à haute valeur d’initiation et d’expérience.

Pierre-Yves Vandeweerd a présenté au récent Festival de Nyon Visions du Réel, Les éternels, film tourné dans le Caucase, au Haut-Karabagh. Œuvre forte, radicale, tenue par des choix esthétiques et narratifs marquants, elle a retenu toute notre attention. Et nous avons en mémoire que ce cinéaste belge avait piloté des Ateliers en Lozère au cours desquels il s’était montré en pédagogue particulièrement disponible et généreux. Nos échanges ont conduit à concevoir un travail au Haut-Karabagh, ce pays serré par l’Arménie et l’Azerbaïdjan aux réalités pour le moins singulières. Il ne s’y passe guère d’événements saillants, sinon une foule de choses modestes du quotidien dans un temps apparemment suspendu aux logiques de stratégies géopolitiques complexes. Travail de terrain est proposé, d’observation, d’élaboration progressive de points de vue, de sorte qu’une bonne demi-douzaine de récits puissent être conçus pour des courts métrages. Les étudiants porteront une attention toute particulière au dimension sonore de leurs films, approfondissant les liens entre image et son.

L’équipe pédagogique, avec des relais locaux d’une évidente importance pour faciliter la production, sera pendant trois semaines mobilisées au plus près de exigences de ce genre de démarche de création cinématographique. Ce projet sera préparé en aval à Genève, rencontre avec Pierre-Yves Vandeweerd et les responsables pédagogiques du DC, avec approches de nature plus théorique, esthétiques et narratives, lecture de différents films, y inclus ceux du PYV.

Le montage et la postproduction est prévue à Genève, avec une supervision particulièrement pour le montage, pour présentation des films au Jury de juin 2018.

Texte de Jean Perret.
Document de travail établi par Pierre-Yves Vandeweerd à disposition.

ATELIER ARTSAKH : Neuf films ont été tournés, avec grande attention portée à l’image dans ses relations à inventer, et réciproquement, avec les sons – parents pauvres parfois, souvent, dans les processus de création cinématographique. L’Atelier a été conduit par Pierre-Yves Vandeweerd, cinéaste belge – voir son dernier film remarquable, Les éternels, 2017, 75’, tourné dans ce pays isolé, complexe et passionnant, en état de guerre sur son front Nord et en quête intense de paix, enclavé entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Montage et postproduction dès le retour de la classe BA1 à Genève le 19 mai, après trois semaines d’immersion. Neuf films feront l’objet de toute l’attention du Jury en juin.

Le cinéma du réel – comment raconter en des histoires fondées et riches d’imagination cette histoire, déclinée en des histoires forcément fragmentaires, qui appréhendent ce pays, quelques-uns de ces citoyens, des fragments de leurs mémoire et aspirations ?
Texte de Jean Perret.

Noémie Ruben en enregistrement de sons avec Mathis Damour, étudiants BA1, et Alain Cabaux, ingénieur et sculpteur de sons, collaborateur de longue date de Pierre-Yves Vandeweerd. Mosquée de Shushi en ruine suite à la guerre de 1988 à1994 ; cette ville surplombe Stepanakert, la capitale du Karabagh – l'Artsakh dans le langage de cette République de 150'000 habitants.

Noémie Ruben en enregistrement de sons avec Mathis Damour, étudiants BA1, et Alain Cabaux, ingénieur et sculpteur de sons, collaborateur de longue date de Pierre-Yves Vandeweerd. Mosquée de Shushi en ruine suite à la guerre de 1988 à1994 ; cette ville surplombe Stepanakert, la capitale du Karabagh – l’Artsakh dans le langage de cette République de 150’000 habitants.

Cimetière azéri abandonné situé entre Shushi et Stepanakert, au bout d'un chemin défoncé ; Alexandre Haldemann étudiant BA1, en tournage.

Cimetière azéri abandonné situé entre Shushi et Stepanakert, au bout d’un chemin défoncé ; Alexandre Haldemann étudiant BA1, en tournage.

Les aphorismes proposés par Pierre-Yves Vandeweerd pour accompagner les étudiants dans ce voyage :

"En art, en peinture comme en musique, il ne s’agit pas de reproduire ou d’inventer des formes, mais de capter des forces." (Gilles Deleuze)

Loin, loin de toi, se déroule l’histoire mondiale, l’histoire mondiale de ton âme. (Franz Kafka)

"Et s’il n’y avait pas d’autre monde. Si il y avait simplement une autre manière de vivre." (Jacques Mesrine)

publié le 19 mai 2018

modifié le 18 mai 2018