Robinsoneries – journal des bords : Laura Matsuzaki

jeudi 30 avril 2020

 
Le moment avant l’aube,
Un champ couvert par le brouillard,
Métaphore de l’inconscient,
On voit peu.
J’écoute ma propre marche,
Mais c’est tout.
Une marche solitaire et presque aveugle.
Mon corps est froid, figé.
Je me sens dans un espace-temps que je ne connais pas.

Le brouillard,
Comme des nuages sur la terre ferme,
Il couvre ce qu’on connaît comme réalité.
L’inconnu gêne,
Comme nager dans l’eau trouble.
Tout que je vois est nuageux.
Je questionne la dimension du réel.

Est-ce qu’après la brume,
Je verrai les mêmes choses,
ou quelque chose de nouveau ?
La brume homogénéise tout,
C’est un moment de passage,
éphémère et essentiel,
Le présent se confond avec l’avenir,
La nuit avec le matin.

C’est silencieux avant le matin,
et cela oblige découvrir ton existence.
Être seule avec soi-même,
Dans un champ couvert par le brouillard.
Est-ce qu’il y a des fleurs, des arbres ici ?
Ou il y est vide ?

Tout est confus, chaotique,
Mon esprit, ce texte,
Mais en même temps c’est paisible,
Quand je regarde le papier blanc avant d’écrire.

Je retourne dans le champ avec de la brume.
Après quelques longues minutes,
Jours, années,
Je vois quelque chose.
D’autres corps se déplacent,
Je vois leurs ombres,
Comme figures dépourvues de matière.
La solitude imposée.
Une métamorphose.
Mais on attend,
L’aube est à venir.