Robinsoneries – journal des bords : Montserrat Mayor

vendredi 27 mars 2020

 
No FOMO

Impossible de faire quoi que ce soit d’autres que des lectures, de l’arrosage, des siestes et de la cuisine.
J’ai compté aujourd’hui j’ai encore 13 livres non lus, 29 plantes en pots à arroser, 1 sieste par jour, 2 vibros, 1 coeur brisé, 2 repas, 17 colocs. J’ai 3 objets intéressants que j’utilise parfois pour varier mes journées avec lesquelles je réfléchis vaguement à une forme d’installation. Je n’ai aucun horaire. J’ai la sensation que mon monde, ou plutôt la bulle dans laquelle j’étais habituellement, est à l’arrêt (mais FOMO subsiste alors n’oubliez pas de m’inviter à vos apéros virtuels). La lumière et le brouhaha de mes colocs me donnent la notion de temps (et instagram, car @lilibarbery donne un super cours de méditation à 18 heures et @mariana_benenge fait des cours de waacking et tuto cuisine). Je regarde peu mon téléphone, mais lorsque je le regarde je constate, entre autres, que la police s’en donne à coeur joie pendant que nous sommes confiné.e.s.
Parfois je n’ai pas le temps de sortir de mon lit après ma lecture, je commence une sieste. Certain.e.s diront que c’est la débandade. Moi je pense que je vis comme on dit qu’on vit dans le sens vivre. Je ne dis pas que c’est un idéal mais c’est de cette manière que je gère. La productivité des journées c’est plus mon truc. 1 fois j’ai enregistré les bruits de ma maison. Pour l’instant je possède des enregistrements de friture, de chasses d’eau, de flûte. Mon coloc’ a aussi une trompette et une guitare. Par chance, il alterne, mais la flûte reste son instrument favori. J’ai pu constater que c’est l’instrument, de sa collection, qui perce le mieux à travers les murs.

Ci-joint, voici l’un des objets qui me fascinent actuellement en termes de projets artistiques au sein de l’option construction. Pour moi il est en lien avec mes lectures et donc ce vaste sujet ; le sexe. J’en profite pour dire que si vous avez des artistes de références ou autres lectures je suis preneuse. J’en suis à un stade embryonnaire de mes recherches, car le sujet est complexe et vaste.
L’élément déclencheur a été une expérience très récente qui m’a rappelé d’autres moments de mon adolescence. Je constate que c’est une suite de 2 de mes projets. Aujourd’hui je voudrais comprendre pourquoi le sexe n’est pas considéré comme du « vrai » sexe lorsqu’il n’y a pas pénétration. Les phrases telles que « On a fait des trucs mais on n’a pas baisé ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’est-ce que font les lesbiennes dans ce cas ? Parfois je dois rappeler à certaines personnes que les lesbiennes sont des femmes et pourtant la plupart ne mettent pas la pénétration au centre de leurs pratiques.

Affaire à suivre…