Lancement du Workshop Reboot/Retcon avec Sylvain Couzinet Jacques

J −6

Introduction workshop

REBOOT/RETCON

Proposition de workshop de Sylvain Couzinet-Jacques

Engagé dans une pratique transdiciplinaire de l’image, j’ai une approche photographique documentaire qui s’incarne parfois dans des installations (Standards & Poors, Le Bal, Paris, 2013), le livre (Eden, Aperture, 2016 / Sub Rosa, Spector Books, 2019) ou encore en video (Sub Rosa, film de 12 heures en multi écrans et pièce sonore générative, C/O Berlin, 2019).

Les enjeux globaux de la circulation immatérielle de données, de la propriété privée et de l’appropriation collective sont à la base d’une exploration visuelle et sculpturale.

Au sein de ma pratique, j’ai développé plusieurs méthodes de recherche dont une fonctionne sur le principe de moodboard. Simple en apparence, cette méthode permet de clarifier ses intentions préliminaires et ainsi recentrer une recherche iconographique et textuelle. Je considère cette pratique comme un laboratoire expérimental qui permet de faire advenir une réflexion poussée sur le stéréotype ou des répertoires de formes mais aussi sur des torsions visibles ou latentes des effets de ressemblances.

La finalité du moodboard dans le workshop est d’assembler et mettre en résonances des images de toutes natures et provenances au sein d’un même territoire visuel, afin de repérer des occurrences, stéréotypes, constructions systémiques etc.. ; et donc positionner sa pratique à venir au sein d’un repertoire d’images. L’enjeu est la production personnelle à partir de cette collection, se positionnant potentiellement comme un hommage ou remix, travaillant à la fois les ressemblances et les écarts comme matérialité de l’oeuvre.

Les concepts de reboot et retcon (en anglais “retroactive continuity”) sont aujourd’hui largement utilisé par les scénaristes hollywoodiens ; et il n’est pas une franchise de type Marvel ou Star Wars qui n’use pas de ces outils narratifs. Les deux concepts permettent en effet d’opérer des altérations dans la suite des évènements d’une fiction antérieure en y modifiant l’origine (reboot) ou par ajout d’éléments explicatifs (retcon).

Si les enjeux fictionnels ont largement irrigués le champ de la photographie et de l’image en général, il semble intéressant de penser une photographie post-documentaire avec ces concepts.

Durant le workshop il s’agira de développer pour les étudiants une recherche iconologique poussée à travers les images qui les habitent, en les identifiant et les classant, afin de produire un document imprimé et relié de 200 pages environ (entre 500 et 700 images). Cette recherche sera évidemment personnelle, et accompagnée : elle me permettra de proposer des artistes, oeuvres ou pratiques en écho au fonds iconographique. Il ne s’agit de restreindre la recherche au seul champ de l’art mais d’envisager une recherche iconographique au sens large, mélangeant des documents de nature et provenance diverses.

Pour engager une réflexion au-delà de la simple fascination pour les images, il y a ce travail de classification et d’analyse – mise à distance en somme -. C’est à partir de cette familiarité et cette distance maitrisée que pourra s’affirmer une production personnelle.

L’objet imprimé, en noir et blanc, aura une forme aboutie de cette recherche sur les images. Première étape aboutie et formalisée de la recherche, l’édition (impression Xerox, reliure simple) servira de matière première à l’élaboration d’une pratique personnelle, entre documentation thématique et recherche de forme.

A partir de ce fond iconographique et thématique, il s’agira de conceptualiser et formaliser une production personnelle qui non seulement engage la collection, mais vienne se positionner comme une forme dérivée (derivative work). Cette deuxième étape sera accompagnée d’une réflexion théorique et plastique engageant le principe de remix (remake/reboot/retcon etc…).

Le principe de version permettra d’ouvrir (ou de prolonger) le récit latent des documents de référence, et interroger les torsions possibles de la représentation documentaire.

Le déroulé du workshop se fera en plusieurs temps :

1)- débuts des recherches iconographiques 2-3 semaines avant le début du workshop (500 images demandée pour le 1er jour du workshop)

– accompagnement personnalisé pour hiérarchiser les images, et donner des références en lien avec la/les thématique-s. Cette étape se fera de manière organisée dans un premier temps (30 minutes par étudiant-e-s , puis de manière plus fluide en fonction de l’avancée de chacun-e)

– aide technique sur indesign/photoshop au cas par cas ; présentation de possibles méthodologies de recherche

– finalisation du document pdf, choix du titre, fabrication de l’objet éditorial (choix de papier, couverture, format,reliure etc..)

2)- travail sur le projet personnel, qui doit résonner avec le travail de recherche iconographique. Accompagnement personnalisé, engagement d’une réflexion poussée et argumentée sur un protocole de réalisation. Choix techniques de production, proposition d’accrochage/espace.

– réalisation du projet (photographie, video, performance filmée, sculpture ou installation, édition, protocole ….)

– présentation collective dans l’espace, de l’objet éditorial et du travail personnel

A cela s’ajoute une présentation de mon travail (1h30), et une introduction (2h) sur des artistes visuels travaillant sur l’idée d’Atlas (Richter, Warburg …), de la collection ou de l’archivage (Bertillon, Trevor Paglen… ), de la topographie (Becher, Ruscha …) ou encore sur la question du remix (Huyghe, Laric, Marclay…).

 

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