«BANDAGE OF HONOR», FROM THE CAPITAL OF NOSE JOBS- Alexandra Salem

J’ai créé une installation interactive dans laquelle j’aborde le sujet de la rhinoplastie en Iran, pays considéré comme la capitale de la rhinoplastie. Phénomène devenu culturel, la rhinoplastie se produit en masse dans un pays où la loi Islamique a un impact particuliersur la vie des femmes. Plusieurs facteurs in uencent cette tendance. Le dress code isla- mique n’est pas étranger à ce phénomène sociétal. Se couvrir le corps et les cheveux est obligatoire, ce qui laisse uniquement le visage comme outil d’expression. Foulards colo- rés, «manteaux» plus moulants, maquillage abondant, et maintenant la chirurgie sont des manières de pousser leurs droits à de nouvelles limites et de se réapproprier une féminitébrimée. Les Iraniennes sont également fascinées par les standards de beauté occidentauxqu’elles admirent à travers les réseaux sociaux auxquels elles ont accès grâce à des VPN, car la plupart des réseaux sociaux sont bloqués par le gouvernement. Cependant, d’autres Iraniennes préfèrent garder leur nez original en vue de déconstruire les standards debeauté et acceptent leur authenticité avec erté. Ces deux visions d’empowerment m’inté- ressent particulièrement.

Dans cette installation interactive, une personne à la fois peut participer. Le participant seretrouve face à un écran et plus particulièrement face à une webcam où il voit son propre visage, comme dans un miroir. En secouant sa tête suite à un message indiqué sur l’écran,le participant se retrouve avec différents « ltres», apparaissant sur son visage. Différentsnez et pansements variés illustrants les différents stades avant/après d’une rhinoplastie recouvrent le visage du participant en activant à chaque fois un petit texte.

J’ai voulu donc soulever, à travers différents ltres et l’activation de textes, le lien fort quela rhinoplastie a avec la situation politique de l’Iran. Il me tenait à coeur de parler de deux visions féministes distinctes envers ce sujet et mentionner également les questions de standards de beauté, du male gaze, et du paradoxe de ce phénomène dans un pays où la religion interdit la transformation du corps.

Au niveau de l’installation, j’avais envie de créer un espace un peu intime qui ressemblerait à un espace de beauté ou de loge, où l’écran représente un miroir.
Finalement, j’avais envie d’aborder ce sujet d’une façon un peu ludique pour créer unetension entre le côté comique des ltres qui apparaissent sur le visage du participant et lestextes activés.

Posted by Simon Senn

Pro atelier vidéo
Vit et travaille à Genève, Suisse. Simon Senn a obtenu un Bachelor au sein du pôle Arts-Action de la HEAD de Genève et un Master à Goldsmiths University of London. Son travail a été exposé dans divers lieux tel que le Kunstmuseum Bern, le Kunstmuseum Thun, la galerie Nicola Von Senger à Zurich et à ArcoMadrid. ll est lauréat du prix fédéral d’art et du prix Kiefer Hablitzel.

Présence: jeudi sur rendez-vous
simon.senn@hesge.ch