In vivo- Solène Collin

 Deux souris blanches «enfermées» dans une cage de verre complètement vide dont les parois sont trop grandes pour s’échapper. Elles se déplacent au sein de cette zone, sans contraintes visibles.Perturbées par ce nouvel environnement, absence de paille et de nourriture.Une kinect installée sur pied, filme ces déplacements, ceux ci s’inscrivent dans une grille sonore. La cage est divisée en plusieurs zone, via le logiciel Max 7, auxquelles sont assignées des sons. Les différentes zones répertorient en cinq types de «sons» : sons drones, bruit long, bruits courts, glitch, cris,Prélevés de mon environnement, ces sons/bruits que je jugeais «désagréables», ont ensuite été modulés via ableton live.J’ai choisi d’utiliser majoritairement, «des tonalités» graves, car le spectre auditif des souris est quelque peu différent du notre. Les souris seront alors moins dérangées, alertées en présence de sons graves car n’en entendrons pas une grande partie. SOURIS- 1,000 Hz – 91,000 HzHOMME – 64 Hz – 23,000 Hz.seul l’enfermement est facteur des déplacements, il construit et déclenche la pièce sonore. Le déplacement de ces deux souris produit alors une composition aléatoire retransmise en direct dans le même espace.L’homme se trouve dans cette salle «vide», seulement deux enceintes sur pied, au milieu de celui-ci un méta espace qu’est celui des souris.Il se retrouve alors dans la même situation qu’elles, se déplaçant, porté par un fourmillement de sons paraissant aléatoirement déclenchés.(strict minimum, force du minimalisme pour rendre compte de la vulnérabilitéutilisation esthétique utilitaire) 

Le déplacement des souris n’a pas pour but de produire une composition audiblement agréable.Au contraire car elle résulte d’un enfermement et met en lumière la vulnérabilité et le stress de celles-ci. (tournant en rond, cherchant un confort, une sortie)Un Stress lié a l’emprisonnement retranscrit à travers Un écosystème sonore assigné à l’environnement clos des souris de laboratoire, à un lieu de détention, une position de soumission, environnement similaire à celui des essais scientifiques En effet ce type de souris, non domestiquées, sont l’outil d’expériences scientifiques au profit de l’humain, visant par exemple la physiologie humaine (étude organisation mécanique, physique, biochimique des organes, tissues..) 

Elles sont produites en masse telles des instruments de recherche ou de la nourriture (serpent), et desservent toutes sortes de besoins d’espèces dominantes. Ce mammifère est suffisamment proche de l’homme sans l’être trop, nous avons effectivement peut être moins d’empathie envers une souris qui peut être perçue comme indésirable par rapport au chat, chiens etc…Au début du xxe siècle les premiers modèles d’études privilégiées émergent : les rats, les souris, les mouches commencent à coloniser majoritairement les laboratoires.Mais la souris est aussi symbole du sous terrain.Ces conditions peuvent rappeler à l’échelle humaine des zones géographiques dirigées par un système autoritaire où tout est contrôlé. la noise ou musique bruitiste, découle surtout du développement industriel au 20e siècle.(Téléréalité Loft story, Secret story… sont des expériences sociologiques, dans des milieux clos, cette cohabitation entre humains choisis suivant des critères précis sont retransmises plus ou moins en direct au spectateur, fait l’objet de manipulation au même titre que le candidat.Le candidat est dominé, manipulé, enfermé avec d’autres au service du «trash» ,nourriture pour le spectateur.)Épilepsie sonore mettant en avant la fragilité de ces deux êtres instrumentalisés de manière invisible leur donnant une position de domination dans cet espace de rencontre avec l’homme Celui qui regarde n’a effectivement aucune position de domination contrairement à ce qui peut être perçu, il fait tout autant parti de l’expérience, il en est aussi bien facteur qu’acteur.Une rencontre poétique dissonante, une chorégraphie de l’enfermement s’installe, qui touche autant à des questions éthiques que socialesLa place de l’homme dans la nature et comment il considère et agit envers les autres êtres vivants (y compris ceux de son espèce).

jury semestre 1, Interactivité, Solène Collin

Posted by Simon Senn

Pro atelier vidéo
Vit et travaille à Genève, Suisse. Simon Senn a obtenu un Bachelor au sein du pôle Arts-Action de la HEAD de Genève et un Master à Goldsmiths University of London. Son travail a été exposé dans divers lieux tel que le Kunstmuseum Bern, le Kunstmuseum Thun, la galerie Nicola Von Senger à Zurich et à ArcoMadrid. ll est lauréat du prix fédéral d’art et du prix Kiefer Hablitzel.

Présence: jeudi sur rendez-vous
simon.senn@hesge.ch