Robinsoneries – journal des bords : Anne Elzingre

lundi 27 avril 2020

 
Cette nuit, j’étais à Paris
 

Des escaliers, du bois

des paliers qui s’enchevêtrent

Différentes entrées, des portes

Hésitante, je suis un chemin, je le connais
 

La peinture est rouge

elle se désagrège

elle devient bleue
 

Des plantes et des cactus

Un coucou à Lara

Je tiens un Ipad avec mon texte
 

J’arrive chez moi
 

Fenêtre indus’ sur loggia triangulaire

Des plantes encore

un tapis persan

un lit posé dessus

des draps blancs

un paysage

un désert de sel

blanc aveuglant

presque rouge
 

Guerrero negro
 

Déjà une odeur iodée

Plus loin, la mer en fait

Des eaux limpides et calmes et transparentes

trans-subliminales
 

Je veux aller m’y baigner tout de suite

mais plus tard

Mars y va en courant

Je le vois s’éloigner

avec ses longs cheveux blonds
 

Soleil noir
 

Je plisse les yeux

Une vague énorme

gigantesque
 

Elle s’approche

Est-ce qu’elle peut m’engloutir ?
 

On me prend la main

On me guide

à travers des rues pavées de la butte Montmartre
 

Sur un muret

la bière à la main

j’observe la vague s’abattre.
 
 
 

La nuit d’avant, j’étais dans un tourbillon d’eau tropicale à Rio avec Michelle.

Et l’autre fois j’étais dans une maison désertique sans toit, entourée d’épicéas et de pins quelque part en Scandinavie.
 
 
 
 

Il paraît que de boire un verre d’eau mélangé à quelques gouttes d’eau de fleurs d’oranger et un peu de sucre le soir avant de s’endormir ça fait rêver de ouf.