Robinsoneries – journal des bords : Elsa Wagnières

mercredi 1r avril 2020

 
 
 
 
Cui-cui les oiseaux chantent, ils ne s’arrêtent donc jamais ?
 
 
 
 
Enfin ! C’est le printemps !
 
 
Le temps où les bourgeons sortent, où la nature reprend le dessus, c’est le temps de la vie !

Nous y voilà, un printemps sombre et mort, est ce que cela existe vraiment ? Les oiseaux chantent, les abeilles sortent. Les bourdons volent avec leurs gros corps pour butiner madame la pâquerette et les hannetons volent de façon bizarre.

Qu’est-ce que je fais pendant ce confinement ?

Pendant que la nature s’active. J’ai l’impression de ne rien faire. Enfin, de ne pas faire ce que je voulais de base. Sans mentir, Je suis très frustrée de ne pas pouvoir avancer mes projets qui me tenaient à cœur. En plus, je n’ai plus de teinture violette pour mes cheveux, ni de pâte à modeler… ça me saoul. Je me sens coincée dans mon grand chez moi. Je n’arrive pas à continuer mes sculptures, je sens qu’elles n’ont pas leurs places ici… Je sens qu’il y a de la place pour un autre truc. Peut-être pour la réflexion, pour des croquis, pour l’introspection ou encore de nouvelles idées, mais pas pour ce que je voulais faire de base durant ce semestre. Ce n’est pas grave, je vais trouver autre chose.

Pas le temps pour la déprime, la créativité prend le dessus ! Je jardine dans mon potager, je me perds dans la forêt, et je me retrouve 90% du temps chez moi. Proche de ma famille, loin de mes amis. Et je ne sais pas encore si j’aime ou si je déteste.

C’est étrange cette période de confinement…J’ai l’impression de perdre mon temps à rester enfermée et de ne pas produire comme j’ai l’habitude de faire. Je me rends compte à quel point mes déplacements étaient importants dans la réalisation de mes projets. C’est peut-être du temps perdu, mais du temps gagné pour réfléchir à de nouvelles choses.

Je peins beaucoup ces jours. Choses que j’ai arrêté de faire depuis un long moment. Je me dessine, j’ai d’ailleurs toujours trouvé ça étrange. J’ai beaucoup de temps pour penser à moi, je n’avais plus l’habitude. Je ne pensais pas que ce confinement allait me faire autant de bien, j’ai l’impression de retourner vers des choses plus simples. Je ne pense plus à comment créer un robot performant, à inventer une nouvelle intelligence artificielle, créer des marionnettes animées etc. De toute façon pour faire ça, il faut que je me déplace et je ne peux pas pour le moment…

Je suis en temps de pause avec tout ça, et ça, ça me fait du bien. Parce que maintenant, je peins, je dessine et c’est tout. Et tout ça va déboucher sur pleins de nouveaux projets super chouette j’en suis sûr !

« Éclatement de la tête
Aujourd’hui la chaleur ne peut plus s’y engouffrer
Torpeur, turpitude, esprit engourdi
et englouti dans l’impasse de la vie.
Je me sens coincée dans le malaise du silence,
Posture suprême indigne sublime essentielle
Retour de poussière dans ce vide ensoleillé.
Les cerisiers en fleur, l’âme meurtrie
par le flétrissement prématuré
Sans espérance
ma motivation s’est évaporée avec les rêves d’une grandeur immaculée.
Toi printemps tu ne crois plus à rien
Tu navigues dans les ordures
Tu raffoles des maladies
Autodestruction à l’état pur
Puissance zéro »