Robinsoneries – journal des bords : Sibylle Volken

samedi 25 avril 2020

 
Hier soir dans l’après-midi dans un champ de pissenlit de plantain et de chardons les sous-bois entreposés par la commune et le sentier grossier sinueux par des pas qui en moule la terre inégale en une droite rectiligne lisse, à quelques crevasses près là où les mottes de terre se rencontrent et laissent, malgré les pas, entrevoir la structure originelle de la matière. Des taons dolents s’envolent à mon passage. Ça pique fort quand ça pique mais ils n’ont pas faim, me laissent passer dérangés mais pas surpris.
Le champ est grand, peut-être un demi-terrain de foot je le traverse, on dirait toute une épopée. L’herbe bruisse contre mes jambes tend ses bras collectifs qui retombent actifs sur mon passage. Tout est si grand, je suis pris de vertiges, j’avance le poing dans le ventre

We are all in the kitchen, lights blaring, food sizzling, things to do and talking. I leave for an instant, as i traverse the empty hallway a melancholy drapes the evening lit dining area, it feels like summer and that particular feel that follows the warm drowsy days as the evening sets its cooling air on the impeccable light of these quarantine days.